Il est rare que Michel Barnier annonce des choses lui-même. Généralement, il laisse ses ministres faire. Mais demain, il ne laissera pas passer l'occasion. Ce sera la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, et Matignon a organisé un déplacement avec plusieurs ministres à la Maison des femmes adossée à l'Hôtel-Dieu à Paris. De là, le chef du gouvernement annoncera une série de mesures issues notamment de la cellule d'urgence lancée par la secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes, Salima Saa, le 21 octobre dernier, qui réunissait des experts de la justice, de l'éducation, des associations de victimes mais aussi féministes, familiales.
Selon nos informations, le gouvernement se fixe pour objectif que, d'ici à la fin de l'année 2025, les victimes puissent porter plainte dans tous les hôpitaux de France. C'est déjà le cas actuellement dans certains endroits, mais l'idée est de généraliser le dispositif partout dans le pays. Les victimes devraient se signaler à l'hôpital pour que la police vienne à elles, et non plus l'inverse. Car certaines femmes peinent à passer la porte d'un commissariat, encore plus dans les zones rurales où tout se voit et tout se sait.
Aussi, le montant alloué à l'aide universelle d'urgence, dont 26 000 femmes ont bénéficié l'année dernière, passera de 13 à 20 millions d'euros dans le budget 2025. Elle permet aux femmes quittant leur foyer d'obtenir une enveloppe de 800 euros en moyenne et pouvant aller jusqu'à 1 400 euros, pour assumer les premières dépenses. Des places d'hébergement pour les femmes qui bénéficient de cette aide devraient aussi être sanctuarisées.