L’âme noire de Mehdi Nemmouche
Émilie Blachere
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Le terroriste pendant son procès devant la cour d’assises spéciale de Paris, jeudi 27 février 2025.
LTD/Benoit PEYRUCQ/AFP
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Le terroriste pendant son procès devant la cour d’assises spéciale de Paris, jeudi 27 février 2025.
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Aucune émotion ne traverse le visage lisse, rasé de près de Mehdi Nemmouche. Il a très peu de compassion, c'est lui qui le dit. Déjà condamné à perpétuité pour avoir abattu en mai 2014 quatre personnes dans le musée juif de Belgique à Bruxelles, le djihadiste français est jugé depuis le 17 février devant la cour d'assises spéciale de Paris avec quatre complices - dont deux présumés morts, jugés par défaut. Nemmouche serait l'un des tortionnaires des ex-otages de Daech ; entre novembre 2012 et janvier 2014, plus d'une vingtaine de journalistes et humanitaires ont été kidnappés dans le nord de la Syrie par le groupe État islamique.
Dix ans d'instruction documentent minutieusement l'horreur concentrationnaire de l'organisation terroriste, son mécanisme de déshumanisation, ses crimes affreux. À la barre, onze survivants racontent l'enfer. Des Occidentaux et un Syrien, certains enlevés pendant plus d'un an comme Nicolas Hénin, Pierre Torres, Didier François et Édouard Elias. Des journalistes français, rares rescapés des entrailles de cet abattoir humain devenu le tombeau de centaines d'innocents, massivement des Syriens, mais aussi celui de James Foley, reporter américain, et de David Haines, humanitaire britannique, tous les deux décapités.
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Un agent de la DGSI [direction générale de la sécurité intérieure] confirme sur des vidéos de caméra de surveillance enregistrées dans le complexe hospitalier d'Alep, principal lieu de détention des otages occidentaux, « la présence d'une salle de torture avec des prisonniers suspendus à des crochets ou à des pneus, égorgés, des violences systématisées, des passages à tabac, des électrocutions par Taser, des coups de poing, de gourdin, des simulacres d'exécution par sabre ou par arme [à feu]... » Chaque souvenir ravive souffrance et douleur, des brûlures au cœur irréversibles.
Émilie Blachere