Emmanuel Macron et François Bayrou se retrouveront aujourd'hui pour mettre la dernière main à la composition du gouvernement. Après s'être beaucoup vu en début de semaine, le nouveau couple exécutif a moins échangé depuis le départ mercredi après-midi du chef de l'État pour Bruxelles, puis Mayotte, Djibouti et l'Éthiopie. Si cela a ralenti le processus, Matignon a néanmoins pour objectif que la liste de l'équipe soit annoncée ce dimanche en fin de journée. Un Conseil des ministres pourrait se tenir dès cette semaine.
Depuis vendredi, le Premier ministre s'est désormais concentré uniquement sur la structuration de son gouvernement. Dans le sien, Michel Barnier n'avait pas voulu de poids lourd ni de présidentiable. Si Bruno Retailleau s'était vite imposé, le ministre de l'Intérieur était en effet au départ très peu connu des Français. François Bayrou, lui, souhaite l'inverse. Lors de tous les entretiens qu'il a eus cette semaine avec les responsables des groupes parlementaires et des partis qui pouvaient potentiellement composer sa coalition, il n'a cessé de répéter qu'il désirait compter des responsables de chaque famille dans son équipe.
Au sein de celle-ci devrait donc figurer une ancienne Première ministre. François Bayrou a proposé à Élisabeth Borne d'être à la tête du ministère de l'Éducation nationale, élargi à la Recherche et l'Enseignement supérieur. Ce périmètre très vaste était celui-ci qui était le sien dans le gouvernement d'Alain Juppé entre 1995 et 1997. Élisabeth Borne, qui a eu des contacts très réguliers avec le patron du MoDem ces derniers mois, avait confié « s'être approchée de ce que [celui-ci] représent[ait] », dans son livre, Vingt Mois à Matignon, paru cet automne. De son côté, l'Élysée a aussi incité la députée Renaissance du Calvados à entrer au gouvernement.