Après avoir été adopté en première lecture au Sénat, le projet de budget arrive ce jeudi en commission mixte paritaire (CMP). « C'est là que va se jouer la véritable ascension de l'Himalaya ! » estime le député Ensemble pour la République Jean-René Cazeneuve, membre de la CMP. Et pour cause : ce conclave, composé de sept députés et sept sénateurs dont les sensibilités politiques reflètent la représentativité des chambres, doit trouver un compromis acceptable qui puisse être validé début février par le Parlement.
Une partie du sort du gouvernement Bayrou va donc se décider cette semaine. L'enjeu ? Obtenir une non-censure des socialistes sans vexer les LR, tout en évitant une explosion des coûts. Car, selon Amélie de Montchalin, la ministre des Comptes publics, il est difficile en 2025 d'aller au-delà d'un déficit de 5,4% du PIB sans s'exposer à une flambée des taux d'intérêt : « Si nous ne réussissons pas cet effort après un déficit à 6% en 2024, nous serons en très grande difficulté pour soutenir les emplois, l'économie, financer les politiques sociales... »
La copie issue du Sénat, sur laquelle s'appuient les négociations de la CMP, présente l'avantage d'être dans les clous budgétairement. Mais, pour beaucoup, elle penche nettement trop à droite. « Entre les coupes sur le sport, sur le service national universel, les 900 postes supprimés dans la justice, les 500 à France Travail, etc., égrène le sénateur socialiste Patrick Kanner, membre de la CMP, ce qui est sorti du Sénat n'est pas admissible. » Autre provocation pour le PS : le maintien par la chambre haute de la suppression de 4 000 postes dans l'Éducation nationale, ou les coups de rabot dans la transition écologique...