Cryptos : sept personnes présentées à la justice suite au kidnapping du cofondateur de Ledger
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Une « importante rançon en cryptomonnaie » avait été exigée, selon le parquet, qui n'a pas précisé le montant.
Charles Platiau
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Une « importante rançon en cryptomonnaie » avait été exigée, selon le parquet, qui n'a pas précisé le montant.
Charles Platiau
Le crime rappelle les pires affaires de la criminalité organisée. Sept personnes sont présentées vendredi à des juges d'instruction chargés de la criminalité organisée à Paris en vue de leur éventuelle mise en examen pour avoir participé à l'enlèvement et la séquestration du cofondateur d'une société spécialisée dans les cryptoactifs et de sa compagne.
Le parquet a requis leur placement en détention provisoire.
Trois autres personnes, qui avaient été interpellées jeudi « à proximité immédiate du lieu de libération » de la compagne de David Balland, ont été relâchées sans poursuite, aucun lien n'ayant été établi avec la procédure, a précisé le parquet.
Ces dix personnes, neuf hommes et une femme âgés de 20 ans à 40 ans, avaient été interpellées entre mardi et jeudi, soupçonnées d'être impliquées dans l'enlèvement et la séquestration contre rançon du couple, a relaté lors d'une conférence de presse jeudi soir la procureure de Paris, Laure Beccuau.
Aucune information n'a été donnée sur l'éventualité d'un commanditaire encore non identifié, et possiblement à l'étranger.
Le parquet de la Junalco (Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée) a ouvert vendredi une information judiciaire pour arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire avec torture ou acte de barbarie et pour obtenir l'exécution d'un ordre ou d'une condition en bande organisée, des crimes faisant encourir la réclusion criminelle à perpétuité et un million d'euros d'amende, a détaillé le parquet.
Sont également visées les infractions, entre autres, d'extorsion et blanchiment de biens ou de fonds provenant d'un crime d'extorsion en bande organisée.
David Balland, cofondateur et ex-employé de Ledger, ainsi que sa compagne ont été kidnappés mardi matin à leur domicile à Méreau (Cher).
L'alerte avait été donnée par Eric Larchevêque, cofondateur de l'entreprise: il a reçu une vidéo d'un doigt mutilé de David Balland et une demande de rançon.
Une « importante rançon en cryptomonnaie » avait été exigée, selon le parquet, qui n'a pas précisé le montant.
« Une partie » de cette « rançon a été versée dans le cadre de la négociation » avec les forces de l'ordre, mais « la majorité des cryptomonnaies ont été saisies et gelées », a assuré Mme Beccuau.
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David Balland a été séquestré à Châteauroux, dans le Centre Val-de-Loire. Il a été libéré par les forces de l'ordre mercredi puis hospitalisé pour sa mutilation à une main.
Puis les investigations ont permis de localiser un véhicule à Etampes (Essonne) dans le coffre duquel sa compagne a été retrouvée « ligotée » le lendemain, jeudi.
La gendarmerie nationale a été saisie dans son ensemble, de la section de recherches de Bourges à l'unité nationale Cyber pour résoudre cette affaire, soit au total, plus de 230 militaires mobilisés.
Parmi eux, une quinzaine de cyberenquêteurs de la gendarmerie ont travaillé pour rechercher, identifier et saisir les cryptoactifs.
Ledger est une licorne (startup qui a dépassé le milliard de dollars) française, fondée en 2014, leader mondial dans la conception de portefeuilles physiques de cryptomonnaies, permettant à chacun de gérer en direct ses propres cryptoactifs.
L'entreprise, valorisée à plus d'un milliard d'euros, a vendu plus de sept millions d'appareils dans plus 180 pays et en 10 langues. Elle sécurise 20% des actifs numériques mondiaux, et compte plus de 100 clients institutionnels.
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Cette affaire d'enlèvement, en lien avec les cryptomonnaies, n'est pas sans rappeler celle d'un homme de 56 ans, retrouvé début janvier dans le coffre d'une voiture près du Mans, à plusieurs centaines de kilomètres de chez lui dans l'Ain.
Selon plusieurs médias, il s'agissait d'un influenceur en cryptomonnaies basé à Dubaï, qui publie régulièrement des vidéos sur ses gains, et une demande de rançon avait été faite.
A ce stade, le parquet de Paris ne fait pas de lien entre les deux affaires.
(Avec AFP)
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