Emmanuel Macron va s'employer à respecter la coutume. En 1986, François Mitterrand avait nommé Robert Badinter à la présidence du Conseil constitutionnel. En 2007, Jacques Chirac avait choisi Jean-Louis Debré. À chaque fois, il s'agissait d'un proche parmi les proches. Pour succéder à Laurent Fabius, choisi par François Hollande en 2016, l'actuel locataire de l'Élysée va proposer le nom de Richard Ferrand. L'ancien président de l'Assemblée nationale, battu aux législatives de juin 2022, fut un de ses premiers compagnons de route quand il a décidé de se lancer en politique. Même si l'ex-député du Finistère a pu être en désaccord avec certaines de ses décisions (la dissolution en est le dernier exemple), il est toujours à ses côtés, quand tant d'autres se sont éloignés. C'est un fidèle parmi les fidèles.
Le mandat de Laurent Fabius Rue de Montpensier expirera le 8 mars. Dès le 10 février, le processus de nomination de son successeur se mettra en branle. Entre ces deux dates, le choix d'Emmanuel Macron devra être soumis à l'avis des commissions des lois de l'Assemblée nationale et du Sénat. Celles-ci peuvent lui faire barrage si l'addition des votes négatifs dans chacune d'entre elles représente au moins trois cinquièmes des suffrages exprimés.
Sur le papier, l'adoubement de Richard Ferrand, qui sera auditionné devant leurs membres, ne paraît pas spontanément acquis. Chaque commission est le reflet de la composition de sa chambre. Le Palais-Bourbon est désormais ultra-fragmenté, la Macronie n'y a plus la main, loin de là. Au Sénat, il y a en revanche plus de jeu . Si Les Républicains dominent, leur participation cet automne au même gouvernement que le bloc central a mis beaucoup de liant.