C'est sa première interview dans la presse écrite depuis qu'il est devenu, il y a cinquante jours tout juste, Premier ministre. François Bayrou a choisi de l'accorder à La Tribune Dimanche. Le successeur de Michel Barnier a eu envie de prendre la parole à un moment particulier : le projet de loi de finances pour l'année 2025 est désormais en bonne voie pour être adopté après la commission mixte paritaire conclusive il y a deux jours. Dans nos colonnes, le centriste en tire les enseignements, se félicitant du « travail de bonne foi » qui s'est nouée à cette occasion.
Si le PS et le RN entretiennent le flou sur leurs intentions, le locataire de Matignon, qui va devoir recourir plusieurs fois au 49.3, affiche sa confiance, s'autorisant maintenant à esquisser sa feuille de route ambitieuse pour la suite. Après avoir assisté vendredi à Bordeaux aux obsèques de Nicolas Florian, l'ancien maire LR de la ville, François Bayrou est rentré passer le week-end dans ses chères Pyrénées-Atlantiques. C'est donc par visioconférence que cet entretien s'est tenu hier matin.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Vendredi, députés et sénateurs réunis en commission mixte paritaire (CMP) se sont entendus sur le budget 2025. Allez-vous demain avoir recours au 49.3 pour l'adopter définitivement ?
FRANÇOIS BAYROU — L'accord sur le budget en commission mixte paritaire, entre représentants de l'Assemblée et du Sénat, est doublement historique. Il l'est car nous étions plongés dans une crise politique et budgétaire sans précédent depuis des décennies, avec la chute du gouvernement et pas de budget voté. Et on a pu trouver le premier pas d'une sortie de crise. Il l'est aussi car c'est la première fois que des courants politiques de sensibilités différentes acceptent de conclure ensemble sur un projet de budget. Cela donne de l'espoir. Maintenant, il faut passer sans tarder à l'adoption. Un pays comme le nôtre ne peut pas rester sans budget. Le seul moyen, c'est d'engager la responsabilité du gouvernement. Ce sera fait ce lundi.