Jeudi 17 avril en fin de journée, Emmanuel Moulin a présidé sa première réunion de cabinet à l'Élysée. La veille, il est officiellement devenu le nouveau secrétaire général du Palais, succédant à Alexis Kohler, en poste depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017. Depuis quinze jours, l'ancien directeur de cabinet de Bruno Le Maire à Bercy puis de Gabriel Attal à Matignon était déjà dans les murs. Lui et celui dont il allait prendre la place et qu'il connaît si bien avaient décidé d'opérer une passation de pouvoir progressive.
Ce 17 avril, pour la réunion avec les conseillers élyséens, Alexis Kohler est donc une dernière fois présent. L'ambiance est particulière. « Je ne serai jamais très loin », assure-t-il avant de dresser lui-même l'agenda des trois mois à venir. « Comme disent les Anglais, je m'apprête à enfiler des chaussures trop grandes pour moi », assume, lui, Emmanuel Moulin.
Pendant que divers conseillers prennent la parole pour faire le point sur leur dossier, le désormais ancien secrétaire général de l'Élysée ouvre les cadeaux qui lui ont été faits. Il annonce qu'il reviendra pour un pot de départ, où seront aussi conviés les anciens conseillers qu'il appréciait : « Ceux qui vous ont précédés et grâce à qui vous êtes tous là », taquine-t-il les présents. La date reste encore à fixer. En attendant, on trinque déjà lors de l'apéritif qui se tient traditionnellement chaque jeudi à l'Élysée afin d'y mettre un peu de convivialité.
Attendu, le président ne vient finalement pas. Il a été retenu par les suites du déjeuner qu'il a eu avec le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, et l'émissaire spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, au sujet de l'Ukraine. La veille, sur X, il avait écrit ce qu'il aurait pu dire à cette occasion au sujet d'Alexis Kohler. « Durant huit années à l'Élysée, il fut le secrétaire général de tous les chantiers, de tous les combats [...]. Notre action lui doit beaucoup et, à titre personnel, je mesure aussi pleinement tout ce que je lui dois », avait-il affirmé, saluant « un sens de l'État constant, une passion de la France et un don de soi qu'[il a] pu constater à chaque instant ».