Le Parquet financier ouvre une enquête sur Alexis Kohler, le secrétaire général de l'Élysée

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Anticor reproche d'abord à Alexis Kohler d'avoir accepté de siéger comme représentant de l'État au conseil d'administration de STX France de 2010 à 2012 alors qu'il ne pouvait ignorer qu'il existait un conflit d'intérêts,
Anticor reproche d'abord à Alexis Kohler d'avoir accepté de siéger comme représentant de l'État au conseil d'administration de STX France de 2010 à 2012 alors qu'il "ne pouvait ignorer qu'il existait un conflit d'intérêts", (Crédits : Philippe Wojazer)
Le bras droit d'Emmanuel Macron a-t-il favorisé un armateur privé impliqué dans des discussions avec l'État ? L'association Anticor l'affirme et a déposé plainte pour "prise illégale d'intérêt" et "trafic d'influence" contre l'actuel secrétaire général de l'Élysée Alexis Kohler.

Dans une plainte déposée vendredi à Paris et consultée par l'AFP, l'association anticorruption, s'appuyant sur des articles de Médiapart, dénonce les liens familiaux et professionnels étroits qui existent entre le numéro 2 de l'Élysée et l'armateur italo-suisse MSC, client important de STX France, les chantiers navals de Saint-Nazaire.

Grand pourvoyeur de commandes pour les chantiers de Saint-Nazaire dont il était certaines années l'unique client, l'armateur a joué un rôle essentiel dans les discussions sur leur avenir menées avec l'État français au cours des récentes années.

Or dans sa plainte, révélée par RTL et Le Monde, Anticor reproche d'abord à Alexis Kohler d'avoir accepté de siéger comme représentant de l'État au conseil d'administration de STX France de 2010 à 2012 alors qu'il "ne pouvait ignorer qu'il existait un conflit d'intérêts", l'armateur MSC ayant été fondé et dirigé par les cousins de sa mère. Il revient désormais au parquet national financier, destinataire de la plainte d'Anticor, de décider d'ouvrir ou non une enquête sur ces accusations.

Pour démontrer ces liens étroits, Anticor rappelle que le haut fonctionnaire a voulu, à deux reprises, rejoindre l'armateur après avoir été directeur adjoint de cabinet au ministère de l'Économie, entre 2012 et 2014 quand le poste était occupé par Pierre Moscovici, et entre 2014 et 2016 quand Emmanuel Macron lui avait succédé.

Une ambiguïté déjà retoquée

La première fois, en avril 2014, la commission de déontologie, l'instance chargée de contrôler le départ des agents publics dans le secteur privé, s'était opposé à sa demande. Mais en août 2016, quand Emmanuel Macron avait quitté Bercy, Alexis Kohler avait finalement obtenu le feu vert de la commission et avait rejoint MSC Croisières au poste de directeur financier. Tout en occupant ces hautes fonctions chez l'armateur, il était devenu un membre actif de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron.

Sur cette période, Anticor soupçonne d'ailleurs Alexis Kohler d'être intervenu comme cadre de MSC dans une réunion à Bercy en mars 2017 sur la reprise de STX France, alors menacé de faillite. STX France avait finalement fusionné avec son concurrent italien Fincantieri mais MSC n'était pas monté au capital du groupe comme envisagé.

Neuf mois après son arrivée chez MSC, Kohler avait fini par rejoindre Macron pour devenir son secrétaire général de l'Élysée, un poste de tour de contrôle crucial dans le fonctionnement de l'exécutif.

"C'est le seul" qu'Emmanuel Macron "écoute vraiment", assurait un proche du président au moment de sa nomination.

Interrogé par Médiapart, Alexis Kohler a déclaré qu'il a "toujours informé sa hiérarchie des situations dans lesquelles il aurait pu se trouver en conflit d'intérêts" et "s'est toujours déporté pour éviter les dites situations".

Christophe Castaner, délégué général de la République en Marche (LREM), est venu à son secours ce lundi 4 mai en affirmant qu'il n'y avait pas d'"affaire" Alexis Kohler.

« Je ne qualifie pas d'affaire le fait qu'une structure, Anticor, qui est habituée à cela, multiplie les initiatives et les perde souvent », a répondu sur Public Sénat le secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement.

Christophe Castaner a cependant jugé "normal" qu'Anticor "puisse saisir la justice si elle a un doute".

Depuis plusieurs années, l'association Anticor est devenue un acteur, parfois contesté, de la justice financière qu'elle a plusieurs fois bousculée avec des plaintes à fort retentissement médiatique.

Ces derniers mois, l'association a notamment réussi à faire condamner le patron de Radio France Mathieu Gallet pour favoritisme et a obtenu la relance de l'enquête pour "prise illégale d'intérêts" visant le chef de file des députés LREM Richard Ferrand.

L'Élysée rejette "des soupçons totalement infondés"

L'Élysée a indiqué ce lundi que son secrétaire général Alexis Kohler avait "pris note" de la plainte déposée contre lui par l'association Anticor, qui repose sur "des soupçons totalement infondés jetés sur lui à l'évidence en raison de ses fonctions".

"Cette plainte s'appuie sur des articles de presse de Mediapart qui contiennent de nombreuses et graves erreurs factuelles", selon la présidence. "Alexis Kohler a toujours tenu sa hiérarchie informée de ses liens personnels avec l'entreprise MSC. Il s'est systématiquement déporté de toutes les décisions ayant trait à cette entreprise et sa hiérarchie informée a naturellement veillé au conflit d'intérêt potentiel. Dans toutes les fonctions qu'il a occupées à l'Agence des participations de l'État (APE), à Bercy et à l'Élysée".

Et d'ajouter :

"C'est bien volontiers qu'Alexis Kohler communiquera au parquet l'ensemble des documents prouvant sa conduite respectueuse du droit dans toutes les circonstances de son parcours professionnel et mettra ainsi un terme à bref délai aux soupçons totalement infondés jetés sur lui à l'évidence en raison de ses fonctions de secrétaire général de l'Élysée", précise l'Élysée.

(avec agences)

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a écrit le 04/06/2018 à 19:50 :
Décidément les marcheurs Alsaciens ne brillent pas de transparence : juste avant le cas Kohler, la vice présidente du Grand Est, Lilla Merabet, marcheuse en charge du numérique, a été épinglée par le Canard et s'explique actuellement chez le déontologue sur les 600.000 Euros de subvention versés à son compagnon par la platefome SEMIA qu'elle supervise ! Encore heureux que la vente du bâtiment de l'ancienne mairie de Schiltigheim (de l'Eurométropole de Strasbourg) bradée par l'ancien maire UDI à un cabinet immobilier, vient d'être annulé par le tribunal administratif de Strasbourg grâce au recours déposé par la présidente des autonomistes alsaciens de Unser Land.
a écrit le 04/06/2018 à 17:54 :
Anticor impartial ? faut voir, la politique n'est jamais très loin
Réponse de le 04/06/2018 à 18:13 :
Ah oui c'est vrai ce serait vraiment étonnant qu'un ministre comptable des riches soit compromis dans un conflit d'intérêt, le truc que l'on ne voit jamais en politique en plus ! :D

"Comment Matignon tente de sortir la ministre Agnès Buzyn d'un embarrassant conflit d'intérêts" https://www.marianne.net/politique/comment-matignon-tente-de-sortir-la-ministre-agnes-buzyn-d-un-embarrassant-conflit-d
Réponse de le 05/06/2018 à 13:59 :
C'est vrai que le moustachu qui s'est fait "moucher" par le président n'est pas loin d'anticor et il n'aime pas ça de se faire contredire Edwy , c'est la vie il faut savoir perdre de temps en temps .
Réponse de le 05/06/2018 à 14:45 :
le problème n'est pas de savoir si Anticor est impartial.
C'est de savoir si ses soupsons sont fondés.
Réponse de le 06/06/2018 à 9:11 :
@chris566

"et il n'aime pas ça de se faire contredire Edwy"

Encore le puissant "lobby bobogaucho," incroyable le mal qu'il fait hein... :-)

Partout qu'il est en ce moment à la télé ! :D
a écrit le 04/06/2018 à 16:02 :
Les associations comme Anticor, minuscules en comparaison avec les gigantesques conglomérats financiers qu'ils sont censés surveiller, ne sortent que rarement des dossiers de ce genre, ils sont donc obligés d'être sûr de la véracité de leur dossier avant de se lancer pour leur crédibilité déjà largement entachée du fait de leur manque déplorable de moyens financiers, ça ne peut qu'être solide.
Réponse de le 05/06/2018 à 14:00 :
Et bien non , c'est juste une histoire de vengeance .
Réponse de le 05/06/2018 à 14:48 :
@Chriss566 vengeance? comme dans l'affaire Cahusac donc.
Quelle importance, si les faits sont avérés?
Réponse de le 15/06/2018 à 14:29 :
"Et bien non , c'est juste une histoire de vengeance ."

@ multipseudos:

C'est comme ça que je vous préfère, me faisant rire... Du coup impossible de vous signaler, hein et merci . :-)

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