Canal de Panama : les États-Unis menacent de « mesures » face à l'influence de la Chine
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Le secrétaire d'État américain Marco Rubio (photo d'illustration)
Carlo Allegri
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Le secrétaire d'État américain Marco Rubio (photo d'illustration)
Carlo Allegri
Pour sa première visite à l'étranger en tant que chef de la diplomatie américaine, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a transmis au président du Panama la position du président américain Donald Trump sur la « violation du traité »; régissant le canal du Panama, carrefour maritime stratégique pour le commerce mondial.
Lors de son entretien avec le président José Raul Mulino, Marco Rubio a déclaré que « la position actuelle d'influence et de contrôle du Parti communiste chinois sur la zone du canal de Panama constitue une menace pour le canal, et représente une violation du traité concernant la neutralité permanente et le fonctionnement du canal », selon la porte-parole du département d'État, Tammy Bruce.
Aussi, Marco Rubio « a clairement indiqué que ce statu quo était inacceptable, et qu'en l'absence de changements immédiats, les États-Unis devraient prendre les mesures nécessaires pour protéger leurs droits en vertu du traité », a-t-elle ajouté.
Au terme de sa rencontre avec Marco Rubio, le président panaméen a également annoncé que son pays ne renouvellerait pas le mémorandum d'accord sur la participation du pays au projet mondial chinois d'infrastructures, dit des « Nouvelles routes de la soie ».
Pour rappel, dès le jour de son investiture, le 20 janvier, Donald Trump a dit vouloir en « reprendre » le contrôle pour contrer l'influence de la Chine. « La Chine fait tourner le canal de Panama », a-t-il insisté dimanche, auprès de journalistes à Washington.
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« Il n'a pas été donné à la Chine, il a été donné bêtement au Panama. Mais ils ont violé l'accord et nous allons le reprendre, ou quelque chose de très fort va se produire », a ajouté le président américain. Il a par la suite déclaré qu'il ne pensait pas qu'envoyer des troupes américaines au Panama serait « nécessaire ».
Construit par les États-Unis et inauguré en 1914, le canal de Panama est passé sous contrôle panaméen fin 1999, en vertu de traités signés en 1977 par les présidents de l'époque, l'Américain Jimmy Carter et le Panaméen Omar Torrijos. Selon Washington, l'influence croissante de la Chine autour du canal menace les intérêts américains et pourrait permettre à Pékin de bloquer cette voie maritime stratégique en cas de conflit.
Au terme de sa rencontre avec Marco Rubio, le président panaméen a proposé des discussions au niveau « technique » avec les États-Unis pour répondre aux préoccupations de Donald Trump.
« Nous avons présenté la possibilité que nos équipes techniques » clarifient « tout ce qui doit l'être », a déclaré José Raul Mulino, lors d'une conférence de presse. Aucune date n'a encore été fixée pour de telles discussions, a-t-il précisé, affichant sa confiance quant à la suite des relations avec les États-Unis.
« Je crois que nous avons mené cette conversation de très bonne foi », a-t-il déclaré, soulignant que les bases pour une « meilleure relation » entre Panama et Washington avaient été jetées. « Je n'ai pas l'impression qu'il y ait une menace réelle en ce moment contre le traité, la validité et encore moins l'utilisation de la force militaire pour prendre le contrôle du canal, je n'ai pas cette impression », a-t-il encore dit.
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Des manifestations, limitées mais intenses, ont éclaté avant la visite du secrétaire d'État américain. La police a fait usage de gaz lacrymogène. Marco Rubio poursuivra sa tournée par le Salvador, le Costa Rica, le Guatemala et la République dominicaine, où il doit promouvoir la politique migratoire de Donald Trump axée sur les expulsions. Sur ce dernier point, le président panaméen a dit lui avoir proposé que les États-Unis se servent du Panama comme d'un pont pour expulser les migrants irréguliers vers d'autres pays d'Amérique latine.
(Avec AFP)
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