Ce jeudi, au lendemain de la censure du gouvernement Barnier, Laurent Wauquiez a fait un saut à Lyon. Il y a croisé un vieux briscard de la droite, un peu étonné par ses propos matinaux à la télévision. L'ex-président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes a expliqué sur France 2 que Les Républicains ne participeraient pas à un exécutif comptant des socialistes, mais ne le feraient pas chuter par principe.
Comme s'il actait que, après trois mois de cogestion de l'État avec LR, les macronistes se tourneraient irrémédiablement vers la gauche pour sortir le pays de la crise dans laquelle il est embourbé. Cela permettrait à Laurent Wauquiez de retirer ses billes - il est inenvisageable pour lui de se compromettre avec un PS partie prenante du Nouveau Front populaire - et de se faire spectateur du marasme. Qui n'est pas coresponsable n'est pas comptable.
Au-delà de son improbabilité (les socialistes ne se détacheront pas pour l'instant du NFP ou de La France insoumise), ce scénario fait fi d'un facteur humain essentiel. Le député de la Haute-Loire se l'est fait rappeler par son interlocuteur lyonnais : « En 1976, quand Chirac quitte Matignon et Giscard, il n'emmène pas tous les ministres gaullistes avec lui... Tu crois que Retailleau, Portier, Genevard, tous ces gens-là, vont accepter de partir ? »
L'appel du maroquin, petit ou grand, a eu un écho considérable au sein d'une famille politique qui n'avait pas goûté au pouvoir depuis plus de douze ans. Les tentatives d'élaboration d'un « socle commun » avec Renaissance, Horizons et le MoDem ont eu beau échouer lamentablement, les ministres piochés au sein des Républicains par Michel Barnier entendent bien prolonger leur bail. Face à eux, Laurent Wauquiez joue la polyphonie. « Je veux que vous restiez au gouvernement », a-t-il par exemple assuré à Annie Genevard, chargée de l'Agriculture en pleine crise du secteur et alors même que l'Union européenne, profitant des difficultés françaises, a avalisé le principe d'un accord avec le Mercosur.