Le 13 novembre 2024, Marine Le Pen est au trente-sixième dessous. Le parquet de Paris vient de prononcer un réquisitoire accablant dans le dossier des assistants parlementaires européens du FN, devenu Rassemblement national. Aux juges du tribunal correctionnel, les procureurs demandent une condamnation de l'élue d'extrême droite à 300 000 euros d'amende, à cinq ans de prison dont deux ferme et, surtout, à cinq ans d'inéligibilité assortis d'une exécution provisoire.
Autrement dit, à effet immédiat, sans possibilité de suspension par voie d'appel. « C'est comme le rat de laboratoire dans son labyrinthe, se navre alors un ami de Marine Le Pen, et il n'y a plus d'échappatoire... » Le coup de massue encaissé, la députée du Pas-de-Calais fait défiler sur son smartphone les dizaines de textos de soutien qu'elle a reçus. Selon plusieurs proches, l'un d'entre eux aurait été envoyé par François Fillon.
La cheffe du RN dément avoir eu le moindre mot de la part de l'ancien Premier ministre. En privé, cependant, celui-ci a bel et bien trouvé ces réquisitions excessives. À cet instant crucial de la carrière de Marine Le Pen, ne se voit-il pas un peu en elle ? Le Sarthois n'en a jamais démordu : depuis son élimination du scrutin présidentiel de 2017, où la candidate frontiste lui est passée devant pour accéder au second tour, il estime avoir été victime d'une cabale politico-judiciaire. Soupçonné d'avoir fait bénéficier son épouse Penelope d'un emploi fictif, François Fillon a été mis en examen - pour détournement de fonds publics, comme la fille de Jean-Marie Le Pen - à trente-sept jours de l'élection suprême.