En matière budgétaire, il y a le déni de ceux qui considèrent nos 3.300 milliards d'euros de dette comme des billets de Monopoly. Il y a ceux qui certes ont conscience de la vulnérabilité de notre situation mais pour qui l'effort a toujours plus sa place soit chez les autres, soit en théorie. Et puis il y a ceux qui n'acceptent pas que nous dépensions plus pour nos intérêts d'emprunt que pour l'avenir de nos enfants.
En maintenant l'effort budgétaire prévu pour l'an prochain, le Premier ministre a fait preuve de courage comme il le fait depuis des années en martelant l'iniquité générationnelle de l'endettement. Et il a eu raison de prendre à témoin l'opinion publique face à une opinion parlementaire inconséquente, privilégiant son avenir politique à celui des Français. Mais quel avenir politique collectif pour une France menacée dans sa souveraineté quand nos regards sont tournés vers nos créanciers ?
Il faut à présent agir en rappelant les vérités françaises : nous dépensons trop et nous taxons trop, et nous taxons trop précisément parce que nous dépensons trop. Assumons que si la dépense publique a plus que doublé depuis le début des années 2000, nos concitoyens ne sont pas deux fois plus heureux ou satisfaits du service public qui leur est rendu. Vérités françaises encore quand nous ne produisons ni n'investissons pas assez et que nous ne sommes pas suffisamment nombreux à travailler. Si nous avions le même taux d'emploi qu'aux Pays-Bas, notre pays ne serait plus en déficit.