LA TRIBUNE DIMANCHE — Vous tenez votre congrès alors que la Sécurité sociale fête ses 80 ans et que le contexte budgétaire est tendu...
ÉRIC CHENUT — Oui, c'est un moment singulier où la soutenabilité de notre modèle de protection sociale est éprouvée. À nous, collectivement de préserver les principes de solidarité de la Sécurité sociale. La dynamique des dépenses de santé est très forte ces dernières années, il est temps de réfléchir à la façon d'organiser notre modèle, de créer les conditions pour que la Sécurité sociale fête ses 150 ans !
Faut-il demander plus aux usagers et aux patients ?
Non, on peut soigner mieux sans augmenter le reste à charge ni dégrader les remboursements des patients, mais à condition de dépasser le seul horizon de l'annuité budgétaire, d'avoir un cap au minimum à cinq ans. Il est possible de prendre de nombreuses mesures efficaces qui font consensus : lutter activement contre la fraude - qui représente 13 milliards d'euros -, mieux prescrire et au bon moment, éviter de faire des analyses et examens en doublon... La seule harmonisation des prescriptions peut permettre d'économiser entre 10 et 15 milliards d'euros par an. Il faut aussi se poser la question d'une meilleure articulation entre Assurance maladie et complémentaires, car nous avons des intérêts communs. Et au-delà de la santé, il y a aussi la prévoyance, la dépendance, qui avec le vieillissement de la population doivent être des priorités.