CVC, fonds de tension dans le football et le rugby
Stéphane Colineau
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CVC Capital Partners.
© LTD / Pavlo Gonchar / SOPA Images/Sipa USA
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Dans leur univers, la discrétion est toujours une vertu, souvent une nécessité. Jean-Christophe Germani et Édouard Conques n'aspiraient pas à recevoir la lumière projetée ces jours-ci par la commission d'enquête du Sénat chargée de mesurer les conséquences de leur entrée en fanfare dans le business du football hexagonal. En avril 2022, CVC Capital, dont ils dirigent le bureau français, est devenu actionnaire de la filiale commerciale de la Ligue de football professionnelle (LFP). Le fonds d'investissement luxembourgeois détient 13 % de ses parts et empochera des bénéfices au prorata. Le tout contre un chèque de 1,5 milliard d'euros. Cette manne a tiré la Ligue 1 d'un mauvais pas, après que le Covid-19 a interrompu ses compétitions et que son diffuseur, Mediapro, a fait défection.
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Mais lors de l'audience, des surprises sont apparues. D'abord, le géant mondial aux 100 milliards d'actifs déroge à ses habitudes de rentabilité avec cet investissement. « C'est le plus étonnant, confie le président de la commission, le sénateur du Val-de-Marne Laurent Lafon. CVC a calculé son investissement à partir de perspectives de recettes irréalistes [1,1 milliard en 2024, puis 1,4 milliard en 2027]. Leur retour sur investissement sera plus long que prévu, probablement dix ou douze ans. » Aux sénateurs, Christophe Germani et Édouard Conques ont expliqué que leurs clients, des assureurs, des compagnies d'épargne ou les fonds souverains de Singapour et du Koweït, étaient attirés par des mises multipliées par « deux ou deux et demi au bout de six à sept ans ».
Stéphane Colineau
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