En son temps, Fabian Cancellara a régné sur Paris-Roubaix : trois victoires (2006, 2010, 2013) et trois podiums - ainsi que trois succès au Tour des Flandres - ont fait de « Spartacus » l'un des grands spécialistes des pavés au début du XXIe siècle.
L'actuel propriétaire de l'équipe Tudor Pro Cycling, la nouvelle maison de Julian Alaphilippe, revisite sa rivalité avec le Belge Tom Boonen (quatre victoires), admire les champions du moment et glisse le nom d'un jeune tricolore à surveiller.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Vous avez l'un des plus beaux CV du cyclisme. Où situez-vous votre triplé roubaisien ?
FABIAN CANCELLARA — Très haut car, à mon époque, enchaîner le Tour des Flandres et Paris-Roubaix à une semaine d'intervalle était quasiment impossible. Or, j'ai réussi le doublé à deux reprises [2010 et 2013]. Aujourd'hui, les athlètes sont différents. Des spécimens comme Pogacar peuvent gagner n'importe où, du début à la fin de la saison. Il a la culture de toutes les courses. Moi, j'avais seulement celle du chrono [deux médailles d'or olympiques et quatre titres mondiaux] et des courses d'un jour.
Tadej Pogacar peut gagner sur les pavés, comme sur tous les autres terrains ?
Oui, avec les boyaux d'aujourd'hui, je pense que c'est possible. Il a clairement le potentiel technique. Dans son équipe, il a sûrement regardé comment son équipier belge Tim Wellens se comporte sur les pavés.
Avec lui, Remco Evenepoel, Mathieu Van der Poel et Wout Van Aert, on parle parfois d'un âge d'or du cyclisme. Vous seriez-vous mêlé à la bataille ?
Propos recueillis par Mickaël Caron