Philippe Diallo peut continuer de jouer au loto, comme le lui suggérait perfidement son prédécesseur Noël Le Graët. Celui qui a dirigé le syndicat des clubs professionnels pendant près de trois décennies a été réélu pour quatre ans à la tête de la Fédération française de football (FFF), qu'il avait discrètement rejointe il y a trois ans avant d'être propulsé sur le trône du dirigeant costarmoricain, poussé vers la sortie en février 2023.
La surprise n'est pas venue de ce dénouement - il était favori -, mais de la faiblesse de l'écart avec son adversaire, Pierre Samsonoff, qui a récolté 44,65 % des voix. Le vainqueur, 61 ans, a trouvé la marge « significative », tandis que le perdant, 47 ans, a jugé cela « hyper frustrant ». À l'approche du dénouement, retardé d'une demi-heure pour des raisons techniques, la rumeur d'un coup de Trafalgar circulait même au sein de l'assemblée. Avec Noël Le Graët très actif à la manœuvre en coulisses pour pousser les clubs professionnels à soutenir son compatriote breton, manière pour lui de prendre sa revanche sur ceux qui l'ont lâché.
Il se murmurait que l'outsider, parti de très loin, avait une douzaine de présidents de L1 avec lui, parmi lesquels ceux de grosses écuries. Selon les projections, il lui en a manqué quatre pour l'emporter. Certains ont-ils joué double jeu ou retourné leur veste, comme cela a souvent été le cas par le passé ? Quoi qu'il en soit, il aurait aussi fallu une plus forte mobilisation du monde amateur.