Il se sent si bien chez lui qu'il reçoit à la brasserie L'Alsace quand il est à Paris. Fait chevalier de la Légion d'honneur par Arsène Wenger mardi à Strasbourg, Marc Keller donne rendez-vous le lendemain dans cet établissement des Champs-Élysées.
Au menu : la vente de son club à BlueCo - également propriétaire de Chelsea -, qui ne plaît pas à tout le monde. Celui qui siège au comex de la Fédération (FFF) depuis 2017 et au conseil d'administration de la Ligue (LFP) depuis six mois revient sur les raisons qui le poussent à être sur la liste de Philippe Diallo lors des élections de mi-décembre.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Quel bilan faites-vous dix-sept mois après avoir vendu le RC Strasbourg à BlueCo?
MARC KELLER - J'avais repris le club en 2012 en 4ᵉ division. Pendant onze ans, on a respecté nos trois piliers : finances saines, gouvernance stable, club territorial. Mais je sentais qu'on avait atteint notre plafond. Depuis 2020, l'environnement a changé : multipropriété, Covid, Mediapro, passage de 20 à 18 clubs en L1... À Strasbourg aussi, puisqu'on devait financer la rénovation du stade et de l'académie. Il fallait réfléchir à l'avenir et, pour moi, ça signifiait passer un palier et être en mesure de lutter pour les places européennes. Notre actionnariat ne le permettait pas. On a donc cherché un partenaire économique solide et on a finalisé avec BlueCo. C'est une vente réfléchie, non contrainte.
Mais pourquoi avoir opté pour la multipropriété ?
Nous n'avons pas choisi la multipropriété, elle s'est imposée à nous car aucune autre offre hors multipropriété n'était solide. Le plus important, c'était la capacité d'investissement dans l'équipe, les infrastructures et le maintien des valeurs. BlueCo est déjà allé au-delà de ce qui était prévu sur les joueurs. Ils ont mis 23,6 millions dans la rénovation de la Meinau, et d'autres investissements importants sont prévus dans l'académie. Et ils souhaitaient que je continue de porter le projet avec mon équipe. J'ai senti des gens très engagés avec une vraie vision pour nous aider à booster notre projet.
Propos recueillis par Solen Cherrier