Le pays peine à s’emballer pour le tournoi qu’il organise dans trois mois. La crise de résultats de la Nationalmannschaft, en visite en France samedi pour un match amical, n’y est pas étrangère.Cet après-midi-là, le Bayern reçoit un mal classé en Bundesliga. L'écran affiche 75 000 spectateurs, l'Allianz Arena est pleine à craquer. Presque banal à Munich. Sur la pelouse, les hommes de Thomas Tuchel surclassent Mayence (8-1). Moins banal cette saison. Autour du terrain, les bandeaux publicitaires tentent d'attirer l'attention sur une autre compétition : une chaîne de télévision invite à « regarder tous les matchs de l'Euro 2024 », qui débutera le 14 juin au même endroit contre l'Écosse. Le stade sera de nouveau plein. Mais pour l'instant, l'Euro est très loin dans l'esprit des Allemands.
Intérêt la Nationalmannschaft baisse
Toutes les deux semaines, Holger fait plus de 200 kilomètres pour voir « [son] Bayern ». La Nationalmannschaft, elle, le laisse perplexe. Lors de la Coupe du monde 2006 organisée outre-Rhin, ce quadragénaire bavarois organisait une retransmission des matchs de la sélection dans sa cour pour tout son village. « On était une centaine, se souvient-il. Pour l'Euro 2024, je vais le refaire parce que ça reste un grand événement, mais on ne sera sans doute pas autant. »
L'été dernier, près de 40 % indiquaient que leur intérêt pour l'équipe nationale avait baissé depuis la Coupe du monde 2022, selon une étude de YouGov. Un détachement qui s'explique surtout par les résultats. Les trois dernières compétitions internationales se sont soldées par des fiascos : éliminations au premier tour lors des Coupes du monde 2018 et 2022, et en huitième de finale à l'Euro 2021. « Quand l'équipe allemande jouait bien, elle arrivait facilement à remplir des stades comme ceux de Dortmund ou de Munich, note le sociologue Gunter A. Pilz, spécialisé dans le supporterisme. Aujourd'hui, elle joue régulièrement dans de plus petits stades. » En septembre, la défaite face au Japon (1-4) a ainsi eu lieu à Wolfsburg devant 24 980 spectateurs.
Ça donne l'image d'une équipe inaccessible et élitiste
Le sociologue Gunter A. Pilz
Pierre-Louis Käppeli et Niklas Mönch (à Munich)