Drôle d'endroit pour une rencontre avec Israël. La sélection de l'État hébreu va « recevoir » les Bleus à la Bozsik Aréna de Budapest, jeudi en Ligue des nations. Ses deux matchs précédents, en septembre, avaient déjà été délocalisés en Hongrie : dans cette même enceinte contre l'Italie et, de manière plus surprenante, à Debrecen face à la Belgique. Un rendez-vous à domicile pour les Diables rouges, sauf qu'aucune ville du plat pays n'a accepté de l'organiser en raison de la tension sécuritaire liée à la venue de sportifs israéliens. Une fois encore, la Hongrie s'est proposée en alternative pour les joueurs de Ran Ben Shimon.
C'est déjà au cœur de l'Europe centrale qu'ils avaient terminé leur campagne de qualification pour l'Euro 2024 après l'attaque terroriste du Hamas marquant le début de la guerre à Gaza, le 7 octobre 2023. Un exil entamé à la Pancho Aréna, un stade de 4 500 places construit à Felcsút, à l'ouest de Budapest. Un village pas comme les autres : le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, y a passé une partie de sa jeunesse et possède une résidence de vacances à proximité de l'enceinte. Un choix hautement symbolique.
Le politicien réactionnaire, chef du gouvernement depuis 2010, a une a nité avec le ballon rond comme avec son homologue Benyamin Netanyahou. Il a, de longue date, présenté son pays comme le plus sûr d'Europe pour les Juifs. C'est pourquoi la Hongrie a tendu la main aux footballeurs israéliens. « Nous avons une très bonne combinaison de relations personnelles et d'amour du sport avec le gouvernement hongrois », a déclaré l'ambassadeur d'Israël à l'agence Associated Press. L'ancienne présidente, Katalin Novák, avait déclaré lors d'une visite officielle en novembre 2022 : « La Hongrie s'est toujours tenue aux côtés d'Israël et j'ai assuré à mon homologue Isaac Herzog que son pays pourrait continuer de compter sur notre soutien à l'avenir. »