Les sommets sont gourmands en vies humaines. Les airs aussi. Fin juillet, l'alpiniste allemande Laura Dahlmeier est morte lors d'une ascension au Pakistan, quelques jours après le saut en parapente fatal à l'Autrichien Félix Baumgartner. Il faudrait reconnaître les sportifs de l'extrême pour leurs exploits, non pour le prix qu'ils paient quelquefois. Nous sont revenus en mémoire les mots de Géraldine Fasnacht, rencontrée en mai à Paris.
« Après la mort de mon mari guide de haute montagne en 2006, je me fâchais quand des journalistes écrivaient : "la veuve de Sébastien Gay ceci ou cela", se souvenait l'aventurière suisse, qui s'est fait connaître en gagnant l'Xtreme de Verbier à 22 ans. Je n'en pouvais plus d'être connue pour mes malheurs alors que la passion de la montagne m'a sauvée tout au long de ma vie. » Parler des êtres aimés qui lui ont été arrachés a été le point de départ d'un témoignage poignant, mis en mots dans La Femme oiseau (Arthaud). Une thérapie par l'écriture.
Depuis ses années de snowboard freeride, la quadragénaire a bien rempli sa vie. Et reçu des surnoms poétiques qui dessinent une carte de ses déplacements : « Nargis » le nom d'une fleur que l'on trouve au Pakistan ; « Choucas », d'après un oiseau répandu au Maghreb, en Europe et dans l'ouest de l'Asie. Depuis une dizaine d'années, telle une signature, elle est « la femme oiseau ». Un surnom apparu en 2014 lors de l'ouverture en wingsuit (une combinaison en forme d'ailes) du Cervin, sommet alpin à 4478 mètres d'altitude. « Avec mon équipement, je ne tombe plus à la verticale, je vole comme un oiseau. »