Ce 23 juillet 2024, le feu olympique éclaire les salons du château de Versailles. Le décor est fastueux, les relayeurs du jour sont prestigieux. L'actrice mexicaine Salma Hayek transmet la torche à Mathieu Forget, danseur et photographe star des réseaux sociaux. L'artiste quitte les salons et pénètre dans la cour. Flamme en main. Il prend de l'élan et bondit. En l'air, il se fige, s'affranchissant un instant de l'apesanteur. Il enchaîne avec une acrobatie renversante, en appui sur son seul bras libre, tête en bas. Ses qualités physiques, héritées de son père Guy Forget, tennisman numéro 4 mondial en 1991, lui permettent de défier la gravité. Le footballeur Presnel Kimpembe ou le chanteur Patrick Bruel, autres porteurs du jour, admirent en silence « The Flying Man », l'homme volant, son surnom.
Un photographe et un vidéaste capturent sa démonstration de grâce. Sur ses photos d'art, il semble voler, sans trucage numérique. Sa contribution olympique reste « le plus joli moment de [sa] carrière », retrace Mathieu Forget. Avec lui, trente athlètes français ont découvert la lévitation, le temps d'un cliché sublimé par des couleurs pop et des lignes implacables.
Pour Paris 2024, il s'est immortalisé, transfiguré en obstacle horizontal au service du spécialiste du 110 mètres haies Sasha Zhoya à la Cité de la musique. Ou tournoyant sous le bleu d'une piscine avec le nageur Florent Manaudou. Au prix de frayeurs pour les responsables des lieux. Le personnel du Petit Palais n'était guère rassuré de le voir sauter à côté d'un tableau de Claude Monet lors du shooting avec l'escrimeur Enzo Lefort.