Football : Sunderland, une renaissance très française
Mickaël Caron
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Les joueurs de Sunderland lors du match aller de la demi-finale des barrages du championnat Sky Bet entre Coventry City et l'AFC Sunderland à Coventry, en Angleterre, le 9 mai 2025.
Mis en lumière par Netflix au plus fort du marasme, le club anglais retrouve le faste de la Premier League. Avec Kyril Louis-Dreyfus à la présidence et l’estimé Régis Le Bris sur le banc.
Deux cent quarante livres. C'est le prix des derniers billets disponibles pour assister au premier match de championnat de la saison, au Stadium of Light, le 16 août contre West Ham. Un tarif qui donne une idée du climat d'effervescence traversant Sunderland. Il s'agit là d'une renaissance pour le club du nord de l'Angleterre, mais c'est dans le sud de la France qu'elle a pris racine.
Depuis février 2021, ce géant endormi profondément (six titres de champion avant 1936) est présidé par Kyril Louis-Dreyfus, fils de l'ancien propriétaire de l'OM. Au conseil d'administration siègent également son frère jumeau, Maurice, et l'avocat de leur mère, Igor Levin, qui fut en première ligne au moment de la vente du club provençal à Frank McCourt.
Sur le continent, qui s'intéressait aux Black Cats avant que Netflix leur consacre une série documentaire, Sunderland : envers et contre tous ? Entre 2017 et 2019, deux saisons au cœur du marasme et du désespoir de supporters attachants. La première s'achève sur une dernière place en Championship ; la suivante sur la remontée de League One (troisième division) ratée en barrage.
Un scénario cruel qui s'est reproduit deux fois depuis. Entre-temps, la plateforme américaine avait tourné trois épisodes de conclusion sur la promotion en 2022. Enfin un peu de joie. Alors, sans rancune ? « Les gens d'ici ont très bien accueilli la série car elle s'attache à leur passion et pas seulement aux mauvaises performances de l'équipe », estime Phil Smith, journaliste au Sunderland Echo.
Depuis, les caméras se sont éteintes et c'est comme si Sunderland était redevenu un club de foot à part entière. Après une décennie d'entraîneurs britanniques, virage à 180 degrés. Apprécié pour le style de jeu pratiqué à Lorient entre 2022 et 2024, le Finistérien Régis Le Bris a été nommé l'été dernier. Il est venu seul. Un saut dans le vide ? « Non, un choix réfléchi », assure celui qui n'avait jamais travaillé hors de France mais avait étudié le football anglais « pendant plusieurs années » et savait « exactement » ce qui l'attendait. Assez pour « construire quelque chose de solide dès le premier jour ».
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