Grand Slam Track : l'athlétisme veut se réinventer
Damien Burnier
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Gabrielle Thomas, en série du 200 mètres, le 4 août à Saint-Denis.
LTD/James Lang-USA TODAY Sports via Reuters
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Gabrielle Thomas, en série du 200 mètres, le 4 août à Saint-Denis.
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La question tient de l'euphémisme pour Michael Johnson : l'athlétisme et son économie sont-ils à un tournant ? Avec son Grand Slam Track, l'ancien sprinteur entend rien de moins que « révolutionner » la discipline, dont il a été la locomotive dans les années 1990 (quatre titres olympiques et des records du monde longue durée sur 200 et 400 mètres), convaincu que ce circuit de quatre meetings captera l'attention. Celle qui s'évanouit une fois refermés les JO et les Mondiaux.
Son constat, partagé, est celui de stars qui ne s'affrontent pas assez en dehors des rendez-vous précités. Voire s'évitent soigneusement. Difficile de raconter des histoires, d'échafauder des rivalités, donc d'entretenir l'engouement.
Le projet Grand Slam Track a dès lors ciblé les meilleurs pour figurer au casting de son mini-feuilleton, mais surtout les plus vives foulées. Les étapes de Kingston (Jamaïque, 4 au 6 avril), Miami (2 au 4 mai), Philadelphie (30 mai-1er juin) et Los Angeles (27 au 29 juin) s'apparentent à une liste de courses, du sprint au demi-fond en passant par les haies. Et le passage en caisse sera un bonheur.
Dans chacune des catégories, le vainqueur du meeting, sacré à la moyenne de deux courses différenciées (100 mètres et 200 mètres pour le sprint court), empochera 100.000 dollars. Quant au huitième et dernier, il percevra 10 .000 dollars. Soit l'exact montant d'une prime de victoire en Ligue de diamant, le circuit référence. Dotation totale : 12,6 millions. « Le plus gros prize money jamais vu dans ce sport, martèle Michael Johnson. Les athlètes sont excités. »
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C'est effectivement ce qu'on s'est dit en écoutant Clément Ducos, étonnant 4e du 400 mètres haies de Paris 2024, l'un des trois Français conviés avec Cyréna Samba-Mayela et Sasha Zhoya. « Quand on m'a contacté, je n'ai pas vraiment hésité, relate le Bordelais, basé à l'université du Tennessee. J'ai quand même sondé mon coach, qui m'a dit : "Fonce, c'est super !" » Il estime ce quatre à la suite « important pour préparer [sa] saison et aussi gagner un peu d'argent ». Une litote.
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Damien Burnier