C'était il y a un an déjà. Le 20 mars 2024, le comité d'organisation des Jeux annonçait que quinze jeunes « éclaireurs », sélectionnés pour leurs mérites et leur parcours difficile, allaient escorter la flamme olympique entre Athènes et Marseille. Le 27 avril, tous embarquaient à bord du vénérable trois-mâts Belem. Après onze jours d'une navigation surmédiatisée, l'équipage accostait sur le Vieux-Port, célébré par 150 000 personnes, la Patrouille de France et le rappeur Jul. Le lendemain, loin des caméras, une autre histoire débutait. Christophe Pinault en a été le témoin.
Trésorier de la Fondation Belem et dirigeant de la Caisse d'épargne, qui est propriétaire du voilier et maître d'œuvre de l'opération, il se souvient : « Le 9 mai, Tony Estanguet a inauguré une plaque en bronze sur le pont. Puis je les ai vus descendre du voilier une dernière fois. Ils étaient dévastés. Pleuraient tous. Je me suis dit que nous avions intérêt à nous occuper d'eux. Leur entourage ne pouvait pas se rendre compte de ce qu'ils avaient vécu. Moi-même, à 63 ans, j'ai eu peu d'expériences de vie aussi extraordinaires. »
C'est peut-être pour Chloé que l'ascenseur émotionnel a dégringolé le plus vite. À 19 ans, elle est l'une des rares à aspirer au grand large avant d'embarquer au Pirée. Elle était encore habitée par les souvenirs inoubliables des manœuvres et des moments de partage quand elle s'est présentée au Lycée de la mer, à Sète (Hérault).