C 'est à 16 ans que sa vie bascule. En mars 2004 , Marie-Amélie Le Fur est amputée de la jambe gauche à la suite d'un accident de scooter. Du jour au lendemain, elle se retrouve dans ce monde de personnes en situation de handicap. Tous ses rêves, dont celui de devenir pompière professionnelle, explosent en plein vol. Mais l'adolescente ne cesse pas de se battre pour autant. L'athlétisme, qu'elle pratique en amateur depuis l'âge de 6 ans, deviendra son moteur, au-delà de tous préjugés ou obstacles, pour reconstruire une nouvelle vie. Quatre mois jour pour jour après le drame, elle effectue ses premières courses. En 2012, elle bat le record du monde féminin handisport du saut en longueur, devient championne paralympique sur 100 mètres aux Jeux de Londres, puis décroche deux médailles d'or à Rio de Janeiro en 2016. En 2018, à l'âge de 30 ans, la battante est élue présidente du comité paralympique et sportif français.
Comme les jeux paralympiques étaient jusqu'à présent très confidentiels, je ne ressens aucune pression. Je ne suscite pas non plus la curiosité des médias, alors que je fais partie des profils identifiés en tant que potentielle médaillée d'or. Je le vois plutôt comme un côté positif. En revanche, c'est difficile d'embarquer le public. D'autant plus que mon programme est très compliqué. Les épreuves du 100 mètres et du saut en longueur sont programmées le même jour; toutes ces années de préparation vont se jouer en quelques heures. Et si je me plante le matin, comment réussir à rebondir, à gérer la fatigue physique et mentale? J'arrive néanmoins à entrer dans la compétition. La veille, je remporte ma série avec un chrono qui n'est pas extraordinaire, mais l'objectif était de me qualifier. En revanche, le saut en longueur est une épreuve dans laquelle je gère très mal la pression. Je remporte la médaille de bronze, mais ma joie n'est pas aussi intense que j'espérais. Une fois redescendue du podium, je me repose, me recentre pour la finale du 100 mètres.