Plus vite, plus fort... et plus dure est la chute. Qu'ils dévalent les pentes à skis ou fendent la bise à vélo, ce qui a peu à voir a priori, les coureurs semblent évoluer sur un fil toujours plus fin. Et se rejoindre dans la fréquence des roulés-boulés, qui confinent au crash une fois à pleine balle sur la glace ou le bitume.
L'hiver dernier, une trentaine de blessures sérieuses ont été recensées en Coupe du monde de ski, la plupart synonymes de fin de saison. Accusé du moment, un calendrier rafistolé et surchargé. Cette année, les courses ont cessé de s'empiler, mais pas les traumatismes. C'est Cyprien Sarrazin qui valdingue à Bormio (Italie), c'est la Tchèque Tereza Nova dans le coma à GarmischPartenkirchen. Sur l'UCI World Tour, les relevés montrent une hausse continue des blessures depuis 2020, de 10 à 35 % selon les saisons, avec une prédominance de fractures de la clavicule.
Autre dénominateur commun à ces écosystèmes, la tendance des organisateurs à pointer le matériel, si performant qu'il en deviendrait dangereux. « C'est trop agressif, nous avons atteint les limites, les skieurs n'ont plus de marge d'erreur », répète Markus Waldner, patron du circuit masculin.
Tandis que Christian Prudhomme, directeur du Tour de France, nous soufflait ceci l'été dernier, trois mois après le violent gadin qui avait emporté trois cadors (Jonas Vingegaard, Primoz Roglic et Remco Evenepoel) sur le Tour du Pays basque : « Ça va trop vite, notamment en raison du matériel. Il faut légiférer sur les vélos, la sécurité est en jeu. » De quoi ouvrir le champ des réflexions, étant entendu que, sur ces terrains extérieurs, chutes et blessures sont d'ordre multifactoriel.
Damien Burnier et Stéphane Colineau