Niveau zéro : la vallée. À peine descendu d'un train, on s'engouffre dans la cabine vitrée cernée par les sommets. Pas besoin d'appuyer sur un bouton pour s'élever vers le ciel : l'engin s'ébranle automatiquement et gagne en quelques minutes le niveau 1, une station de sports d'hiver. La porte s'ouvre, vous inspirez une grosse bouffée d'air pur, les yeux clignent face au grand blanc et les pas crissent sur la neige. Vous voilà skis aux pieds sans avoir subi de bouchons, sachant que 57 % des gaz à effet de serre émis par les stations de ski proviennent des transports, selon une étude de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie.
Dans les Alpes, un nouvel ascenseur valléen étrenne son premier hiver à Saint-Gervais. Le pionnier reste celui de Bourg-Saint-Maurice, Les Arcs' Express, en fonction depuis 1974. Et si des projets ont été abandonnés, tel le Funiflaine entre Magland et Flaine, d'autres liaisons téléportées devraient sortir de neige d'ici aux JO d'hiver de 2030 : d'Aime-La Plagne à La Plagne et de Bozel à Courchevel. « Deux à trois fois plus longs qu'une remontée mécanique, ces ascenseurs coûtent cher, des millions d'euros, mais ils participent à la décarbonation du ski », constate Jean-Luc Boch, président de France Montagnes.