« Je vais nager 5 jours et 5 nuits » : Noam Yaron tente l’impossible pour sauver la Méditerranée
Hannah Charhon

Photo d'illustration
LTD/Night Call Studio x Noam Yaron Production
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« Je me sens prêt ». Pour Noam Yaron, athlète suisse d'ultra endurance, le grand départ approche. Dans une semaine, il tentera de battre le record du monde de la plus longue nage en combinaison. Une performance en faveur de l'environnement. L'année dernière, le nageur avait déjà tenté cette traversée en trois jours. Mais après 48 heures et 100 km parcourus, son équipe interrompt l'aventure en raison de conditions météorologiques. À peine sorti de l'eau, il annonçait déjà son retour l'année suivante.
Une déception mais aussi « la meilleure leçon possible » à ses yeux. « Certaines problématiques sont impossibles à anticiper. Les vivre en direct a été très formateur », explique-t-il. Pour cette nouvelle tentative, il s'accorde cinq jours afin de mieux gérer ces imprévus. Même si face à la météo, les courants marins et les vents violents, l'incertitude demeure. « C'est la nature qui fera de ce défi un succès ou non ».
Et si parcourir 180 km sans sortir de l'eau représente un effort physique hors norme, pour Noam Yaron, le vrai défi est ailleurs : « 70 à 80 % de l'effort se joue dans la tête ». L'eau froide, la fatigue extrême, les hallucinations, le manque de repères visuels... Les obstacles sont nombreux. Pour y faire face, il pourra compter sur une équipe d'une vingtaine de professionnels qui le suivront tout au long du trajet. « Ce sont mes yeux et ma boussole ».
Contre la fatigue, il aura recours à une technique peu commune : des micro-siestes sous hypnose. Pendant ces courtes pauses, son cerveau alternera entre veille et sommeil, lui permettant de rester partiellement conscient tout en récupérant. « Une méthode qui s'apparente à ce que font les dauphins », explique-t-il.

Le jeune Suisse n'en est pas à son coup d'essai. En 2021, il traverse le Lac Léman en 19 heures et 53 minutes. Un record du monde mais aussi un déclic lorsqu'il découvre lors de ses entraînements l'étendue des dégâts causés par la pollution plastique. Un choc qui le décide à orienter sa passion. Objectif : sensibiliser à la protection des eaux.
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Cette année encore, en traversant le Sanctuaire Pélagos, plus grande aire marine protégée de la Méditerranée, il dénonce les ravages de la pollution aux microplastiques, le trafic maritime, les canicules marines et l'acidification des eaux... Autant de conséquences liées aux activités humaines. Aujourd'hui, seul 0,23% de la surface de la « grande bleue » bénéficie d'un statut de protection dite « haute ».
Dans les faits, certaines zones dites protégées autorisent encore des pratiques destructrices, comme la pêche au chalut. « Ce qui paraît complètement fou », s'indigne Noam Yaron. Le 13 juin, la France s'est engagée, dans le cadre de la Conférence des Nations Unies sur l'Océan, à protéger 10% de ses eaux territoriales d'ici 2030.
Suivi par plus de 654.000 abonnés sur les réseaux sociaux, le nageur mobilise chaque mois des millions de personnes autour de ces enjeux. Misant sur les défis extrêmes et le dépassement de soi pour inciter le grand public à changer de comportement. « Neuf personnes sur dix ignorent qu'il y a des baleines en Méditerranée. Comment peut-on espérer que les gens protègent ce qu'ils ne connaissent même pas ? » Rendez-vous le 9 août pour suivre le grand départ de Noam Yaron, qui insiste : « la Méditerranée mérite qu'on prenne soin d'elle ».
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