Lui qui se décrit comme un rappeur qui joue au volley a fini micro en main la soirée commencée avec le premier ballon de service. Earvin Ngapeth, 33 ans, a refermé en beauté sa parenthèse dans le championnat de France, cent jours de magie depuis sa signature surprise dans le club de sa ville. « Je suis Poitevin et je le resterai », a-t-il souri vendredi soir, après un ultime derby victorieux contre Tours (3-2), sa première équipe professionnelle.
Jeudi, il s'envolera pour Istanbul, où il rejoindra le club de Fenerbahçe, qui a engagé pour dix-huit mois l'un des meilleurs volleyeurs du monde. Retour en Turquie, après une première expérience à Ankara la saison passée. Earvin Ngapeth a adoré ce trimestre passé à Poitiers, qu'il appelle son « village », pas seulement parce qu'il déjeunait chez sa mère après les entraînements du matin.
« Tout le monde n'a pas compris mon choix, mais c'était une façon de montrer qu'en France, depuis dix ou quinze ans, ça bosse, explique-t-il. Nous, internationaux à l'étranger, ne le voyons pas trop, mais les gens nous aiment beaucoup. » Un champion paralympique de badminton (Lucas Mazur), un ancien boxeur détenteur d'une ceinture des super-coqs (Mahyar Monshipour) et un vice-champion d'Europe de football (Laurent Koscielny) sont venus vibrer avec les 5200 spectateurs de l'Arena Futuroscope. Une aventure qu'il fallait voir de ses propres yeux pour y croire tout à fait.
Mascotte et « asado»
Tout a commencé par un coup de fil à un ami. Sans contrat après le triomphe des Jeux olympiques, Earvin Ngapeth demande à Cédric Énard, manager de l'Alterna Stade poitevin volley-ball (SPVB) s'il peut s'entraîner avec l'équipe. « Et même plus, si tu veux », lui répond ce dernier. Le dirigeant a pourtant bouclé son effectif. À cause d'une masse salariale encadrée, il lui reste « à peine 10 euros ».
Mickaël Caron, envoyé spécial à Chasseneuil-du-Poitou (Vienne)