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Dexia serait-il à vendre ?

Mathias Thépot, avec le «Tijd»

Publié le 04 octobre 2011 à 11:02

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Après avoir envisagé la création d'une "bad bank", pour loger les actifs toxiques, Dexia fait l'objet de nombreuses rumeurs. Démantèlement, et même vente selon des sources syndicales. Ce matin dans les premiers échanges, le titre de la banque plongeait de plus de 30%.

Dexia chercherait à mettre en place une "?bad bank?" selon le site internet du Financial Times de lundi citant des sources proches du dossier. Elle serait garantie par les États Belges et Français, et détiendrait le portefeuille d'actifs toxiques de la banque qui l'accable depuis plusieurs mois. Les actifs toxiques de Dexia sont aujourd'hui regroupés dans une division nommée "Legacy Division" et ont provoqué des pertes records de 4 milliards d'euros au deuxième trimestre 2011.

Selon Financial Times, les activités de la banque en Belgique et en France pourraient être fusionnées ou développées en partenariats avec des entités externes à la banque. L'activité de financement des collectivités locales en France, pourrait en particulier faire l'objet d'un rapprochement entre Dexia Crédit Local de France, la Caisse des dépôts (CDC) et La Banque Postale, sous l'oeil attentif de l'État. D'autres activités seraient susceptibles d'être scindées comme la banque turque Denizbank et la filiale de gestion d'actifs.

Un conseil d'administration extraordinaire de Dexia se tenait lundi en fin d'après midi selon des sources concordantes. Selon le quotidien néerlandais Tijd, il y a été discuté de la position de liquidité du groupe et de la menace de Moody's de dégrader la notation de ses trois principales filiales du lundi matin.

Dans l'après-midi, le ministre luxembourgeois des Finances Luc Frieden avait tenté de rassurer les marchés. Le titre Dexia a clôturé tout de même en baisse de 10,16 % à 1,30 euro. "Je peux vous assurer que le gouvernement des trois pays prendra toutes les mesures nécessaires pour s'assurer que les clients et les employés de Dexia puissent avoir confiance dans la banque comme nous l'avons fait en 2008", a déclaré Luc Frieden avant d'ajouter, "toutes les options sont sur la table afin de s'assurer que la banque en totalité ou en partie restera une institution financière très solide".

La France n'a pas l'intention d'injecter des fonds.

Mardi, la France a indiqué qu'elle n'avait pas l'intention d'injecter des fonds propres dans la banque franco-belge Dexia car cette dernière souffre d'un problème de liquidités mais n'est pas à cours de capital, a indiqué lundi à Reuters une source gouvernementale.

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"Ce n'est pas d'actualité", a indiqué cette source précisant néanmoins que le gouvernement était prêt à apporter sa garantie sur un portefeuille obligataire qui pèse sur le financement de Dexia.

François Baroin, de son côté, a souhaité une "solution rapide et efficace".

Cette source a par ailleurs récusé le terme de "démantèlement" utilisé dans la presse pour évoquer le futur du groupe bancaire, admettant néanmoins l'existence d'un programme de cessions d'actifs.

Et les petits actionnaires ?

Deminor insiste pour que les actionnaires soient consultés avant toute décision sur un plan concernant l'avenir de Dexia , indique le cabinet de conseil aux actionnaires dans une lettre ouverte obtenue mardi par Reuters.

Le conseil d'administration de la banque franco-belge Dexia , réuni tard lundi soir, a annoncé avoir lancé un processus destiné à résoudre ses "problèmes structurels".

"Il ressort de ce communiqué que les actionnaires de Dexia auraient d'ores et déjà assuré le management de son soutien pour la mise en ouvre d'un plan, dont les détails n'ont même pas été arrêtés à ce jour", souligne Deminor.

"Afin d'éviter que les actionnaires soient mis devant le fait accompli à l'instar d'interventions précédentes, Deminor souhaite que les actionnaires et ceux qu'ils représentent, les employés et les coopérateurs puissent être consultés en amont".

Selon une source gouvernementale française, des cessions d'actifs de Dexia sont prévus, mais pas de démantèlement de la banque.

Dexia à vendre ?

"L'ensemble du groupe Dexia serait à vendre", a indiqué mardi un responsable syndical belge à l'issue d'une réunion des représentants de la direction et du personnel de la banque franco-belge, au bord du démantèlement trois ans après avoir échappé de justesse à la faillite.

"Selon les informations dont nous disposons à l'issue de cette première réunion, tout serait à vendre", a déclaré à l'AFP le secrétaire général du syndicat socialiste belge Setca pour le secteur de la finance, Jean-Michel Cappoen.

Joint par téléphone, M. Cappoen s'exprimait à l'issue d'une réunion extraordinaire du bureau du comité d'entreprise européen de la banque, qui rassemble des représentants de la direction et des salariés belges, français et luxembourgeois.

"C'est la fin d'une route. Maintenant, différents chemins vont être offerts à chacun. Les salariés sont inquiets. On n'en est même pas au stade de savoir quels seront les impacts sociaux", faute d'information communiquée directement par la direction, a de son côté déclaré Pascal Cardineaud, représentant du syndicat français CFDT au Comité d'entreprise de Dexia Crédit Local et au Comité d'entreprise européen de Dexia .

Une porte-parole de Dexia à Bruxelles, Ulrike Pommee, a confirmé la tenue de ce bureau du comité d'entreprise européen mais n'a pas donné d'information sur son contenu, indiquant simplement que les syndicats avaient été "informés de l'évolution de la situation".

Selon M. Cappoen, un comité d'entreprise de Dexia Holding, la structure qui chapeaute les différentes entités de Dexia , se déroule depuis 11h00.

"Il y a 600 personnes qui travaillent pour le holding, 350 à 400 en Belgique et 200 à 250 en France. Notre première inquiétude est pour ces personnes", car si le groupe est démantelé, la raison d'être du holding n'existe plus, a souligné le syndicaliste.

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Rattrapée par la crise, Dexia semble aller tout droit vers un démantèlement qui ferait d'elle le premier établissement européen victime de la crise de la dette, une perspective qui a affolé les investisseurs et fait fondre l'action du groupe de plus d'un tiers de sa valeur mardi matin.

Mathias Thépot, avec le «Tijd»

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