Le Salon de l'agriculture distingue un viticulteur héraultais
La Tribune
La Tribune
Didier Barral ne s'étend pas sur la récompense en elle-même. Ce Trophée de l'agriculture durable, qui lui a été remis au Salon de l'agriculture le 28 février dernier par le ministre de l'agriculture Bruno Lemaire, il s'en sert comme d'un prétexte supplémentaire pour convaincre d'une démarche dans laquelle il est engagé discrètement depuis des années, avec son frère Jean-Luc, sur le domaine familial Léon Barral.
Le prix récompense une agriculture productive et exemplaire dans le respect de l'environnement et au service d'une alimentation de qualité, et rentable.
Le Domaine Léon Barral produit 80 000 bouteilles de Faugères par an, exclusivement vendues aux professionnels avec les restaurants gastronomiques. L'exploitation réalise un chiffre d'affaires d'environ 1 M€.
« On oublie trop souvent que l'élément le plus important dans le sol, c'est l'air ! lance Didier Barral. Notre travail, c'est de faire perméabiliser le sol par tout ce qui vit en sous-sol. Il faut des racines de plantes pour drainer le sol, sans pour autant se laisser envahir par l'enherbement. Il faut des insectes qui perforent le sol en surface et à l'horizontale. Et des vers de terre à différents niveau de profondeur. Si on laboure, on tue les êtres vivants. »
Le viticulteur, qui pratique la polyculture depuis le début de son installation, fait donc pâturer un troupeau de 35 vaches dans ses vignes pendant l'hiver. Et utilise un rouleau pour coucher l'herbe et créer un paillage empêchant le soleil de cuire la terre.
« Un sol sans air et sans eau ne donne pas grand-chose, ajoute Didier Barral. Nous avons réussi à atteindre un équilibre intéressant. Ce qui a un impact qualitatif, gustatif et nutritif sur les vins, qui sont plus frais, plus fluides, car plus acides. Il y a un lien profond entre la perméabilité du sol et l'acidité du raisin. »
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Autre précaution : des aménagements aux abords des vignes, qui favorisent l'installation de chauves-souris, prédateurs redoutables du papillon, parent du néfaste ver de grappe.
Sous l'égide de la DRAAF Languedoc-Roussillon, un Plan Régional de l'Agriculture Durable, élaboré en concertation avec les acteurs locaux, sera présenté le 12 mars prochain. Il détermine sur 5 ans les actions prioritaires de l'État en région sur cette thématique.
Cécile Chaigneau
Légende photo : Didier Barral, lauréat du Trophée
Crédit photo : Guy Dettmar
La Tribune