Trois questions à Bernard Ramette, directeur régional de la Banque de France
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Quelle vision de la région avez-vous au moment où vous quittez vos fonctions (le 13 novembre) ?
Il ne faut pas rêver : nous ne créerons pas une industrie lourde ex-nihilo aujourd'hui. Mais il faut absolument profiter de nos atouts, qui sont énormes. La région dispose d'une façade maritime qui offre de grandes chances. Sète compte ainsi un port en eaux profondes. Nous avons la plus vieille fac de médecine de France, des équipes médicales extrêmement performantes. Mais sur beaucoup de sujets, on se heurte encore à trop d'égoïsmes locaux. Les hommes politiques ne sont pas assez unis sur l'essentiel. Dans d'autres régions, les dossiers avancent plus vite. J'ajoute qu'il est anormal que le préfet change tous les deux ans. Il faut un représentant de l'État qui ait plus de temps devant lui.
Qu'est-ce qui vous a le plus marqué depuis votre prise de fonction en 2004 ?
Tout d'abord la médiation du crédit, qui m'a donné la sensation d'une utilité professionnelle accrue grâce à notre connaissance des entreprises. Nous avons mis autour de la table des entrepreneurs et des banquiers qui ne se parlaient plus. Ensuite, je conserve un souvenir fort de la venue de Rachida Dati, qui était encore Garde des Sceaux. Elle évoluait dans un climat tendu, du fait de la réforme de la carte judiciaire. Elle est venue parler du surendettement, en laissant la parole à des familles en difficulté, ce que l'on fait rarement en public. J'ai découvert une femme courageuse, enceinte de sept mois, qui a écouté avec beaucoup d'humanité.
Quels sont vos projets ? Prendre une vraie retraite ou opter pour une autre activité ?
Je vais faire une pause (rire). Puis j'envisage de partir à la découverte de certains endroits de notre région, que je ne connais pas encore. J'ai une tendresse particulière pour la Lozère, où j'ai beaucoup marché. Ensuite, quand on est à la retraite, on ne renonce pas forcément à toute activité intellectuelle. J'ai donc quelques touches autour du système bancaire.
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