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Netsuké, Inro et autres japonaiseries

Jérôme Stern

Publié le 31 mai 2010 à 08:18 - Mis à jour le 31 mai 2010 à 08:28

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Depuis la fin du XIXème siècle, les objets en provenance du Japon ont leurs amateurs, nombreux et connaisseurs. Parmi les pièces recherchées, celles qui embellissent le port d'un kimono. Notamment les attaches de ceintures, les netsukés.

Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, l'Europe, la France surtout, s'est prise de passion pour tout objet venu du Japon, pays qui venait alors tout juste d'ouvrir ses frontières aux Occidentaux et qui a rebaptisé Tokyo l'ancienne Edo. Le stand nippon de l'Exposition universelle de 1878 a déclenché un engouement exceptionnel pour les estampes, les céramiques, les armures et aussi les pièces vestimentaires du pays du Soleil Levant.

Le kimono est alors le vêtement qu'il faut avoir, avec ses compléments indispensables. Le kimono n'ayant pas de poches, on utilise une ceinture (obi) pour y fixer les objets usuels: inro (boîte à médicament), yatate (matériel pour écrire), kiseru-zutsu (étui à pipe), ..., le tout maintenu par un bouton sculpté de plusieurs centimètres, le netsuké. Cette pièce indispensable au bon port du kimono marque également le degré social de son propriétaire: il peut être en bois (ébène, cyprès, bambou), en ivoire (importé car il n'y a pas d'éléphant au Japon), en corne de cerf, en porcelaine, en corail, en pierre, en ambre,etc... Chaque pièce est sculptée selon des thèmes variés: mythologie, animaux, personnages, héros, métiers, masques...

Ce sont ces critères qui déterminent la valeur d'un netsuké, tout comme son état, son ancienneté, la notoriété de l'artiste. On trouve les Manu, de forme arrondie, les Sahsis allongés, les Kataboris en ronde-bosse, mais les netsukés dépassent rarement les 8 cm car très compacts, ils doivent maintenir sans gêner le mouvement.

Si le record mondial concerne une pièce du XVIIIème représentant un cheval cabré et atteint plus de 275.000 euros, si les plus belles pièces se négocient autour de 10.000 euros, la majorité des netsukés dépasse rarement les 5.000 euros, plus souvent autour de 250 à 1.500 euros. Mais attention ! Depuis quelques années les experts notent la multiplication de faux, en provenance d'Italie voire de Chine. Il faut donc rester vigilant : un netsuké authentique a toujours deux trous pour laisser passer le cordon, avec une ouverture bien marquée (et parfois usée), signe d'une utilisation régulière. De même, seule une des deux faces est patinée, celle exposée à la lumière.

Le 8 juin, dans ses locaux parisiens, Christie's France met en vente, dans une double vacation de 434 lots dédiés à l'Asie, une petite centaine de netsukés (séance du matin), estimés entre 500 et 4.000 euros (auxquels il faut ajouter 29,9% de frais !), la plupart en ivoire des XVIII et XIXèmes siècles. Egalement aux enchères, quelques inros (600 à 4.000 euros), des estampes (1.500 à 10.000 euros) et des boîtes en laque (1.500 à 3.000 euros) ainsi qu'un nombre imposant de tabatières chinoises (1.000 à 5.000 euros).

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La vacation de l'après-midi, plus généraliste quant aux origines, propose notamment une paire de vases chinois Fanngu en cuivre doré (40.000 euros), une rare jardinière en porcelaine émaillée Doucai (70.000 euros), un vase Meiping en celadon (60.000 euros), un habit de cérémonie complet Chine daté 1766 (40.000 euros), une paire de gardiens-rois en terre cuite du Vième siècle (60.000 euros), et nombre de divinités et bouddhas en bronze doré, en bois laqué, en schiste ou en grès du Tibet, de la Chine, du Japon, de Birmanie, du Cambodge et de l'Inde (de 2.000 à 80.000 euros).

Le 8 juin, 10h30, lots 1 à 205 (netsukés et inros notamment). A 14h30, lots 206 à 434. 9 avenue Matignon, Paris 8. Renseignements : www.christies.com

Jérôme Stern

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