Les technologies de l'information et de la communication, clés de l'urbanisme durable

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Point de vue de Laurent Blanchard, Directeur général de Cisco France

Selon les Nations unies, 60 % de l'humanité vivra dans les villes en 2030. À elles seules, les vingt plus grandes agglomérations du monde sont déjà responsables de 75 % de l'utilisation d'énergie de la planète. On s'attend à ce que l'utilisation mondiale d'électricité croisse de plus de 35 % d'ici 2010, et de plus de 75 % d'ici 2020. On peut se féliciter que la prise de conscience conduise à l'action, tant au niveau international qu'en France, avec le Grenelle de l'environnement et les lois qui vont en découler.

Encouragés par l'Etat, les agglomérations ne tarderont plus à déployer des programmes globaux d'innovation énergétique dont le projet de loi décrit les intentions : réflexion architecturale et sociale intégrant notamment la rénovation du bâti existant, organisation de l'espace urbain et périurbain, développement des transports en commun et de modes de déplacement économes en énergie.

C'est bien mais c'est passer à côté du formidable potentiel des technologies de réseaux en matière d'urbanisme durable. Perçues parfois comme un problème à cause de leur contribution globale à la consommation d'énergie, les technologies de l'information et de la communication (TIC) sont avant tout une réponse innovante aux défis environnementaux, sous réserve qu'on sache - et qu'on décide - de mobiliser ce potentiel.

Historiquement, le développement urbain a rendu plus faciles les communications et les contacts entre les hommes du fait de la concentration des constructions. Avant les TIC, toutes les communications nécessitaient un mouvement physique. De fait, les villes se sont développées sous formes de lieux spatialement fixes - bâtiments, rues, quartiers - et par les réseaux de transport matériel et d'équipements publics requis pour assurer le flux physique des marchandises, des hommes et des ressources. Le développement urbain durable ne doit plus s'analyser dans des termes aussi étroits. Avec la voirie, l'eau et l'électricité, les communications numériques et l'Internet constituent dorénavant le quatrième réseau public des villes. Comme au début du siècle dernier où tout s'articulait autour des réseaux électriques nouvellement installés, citoyens, administrations et entreprises d'aujourd'hui tirent parti des services numériques distribués sur l'internet. Les équipements haut débit et le développement continu d'applications et de services peuvent rendre possibles des pratiques radicalement innovantes dans les domaines de l'urbanisme, de la politique énergétique, des manières de travailler et des modes de vie.

Associées au sein de programmes d'aménagement urbain, les TIC sont une réponse efficace aux enjeux combinés du réchauffement climatique et du développement économique. L'initiative « Connected Urban Development » lancée par Cisco réunit sept des plus grandes villes du monde. Amsterdam, Birmingham, Hambourg, Lisbonne, Madrid, San Francisco et Séoul font la démonstration de la capacité des technologies à répondre de manière innovante aux défis du développement durable des grandes villes.

Par exemple, pour réduire le temps et l'impact environnemental des longs trajets vers le centre-ville, la mairie d'Amsterdam a soutenu en septembre dernier l'ouverture en périphérie de la ville d'un premier « Smart Work Center », centre de télétravail hyperconnecté offrant une palette de services tels que la restauration ou la garde d'enfant. Avec le haut débit, les grandes villes françaises sont toutes désignées pour rejoindre ces villes pionnières. Paris, grâce à une politique publique anticipatrice, est la ville du monde la mieux équipée en fibre et offre de réelles perspectives.

D'une manière générale, en France, les conditions technologiques sont réunies pour adapter nos villes aux exigences du nouveau siècle. Mais notre pays ne pourra atteindre son objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20 % d'ici 2020 qu'en multipliant le nombre de ses villes connectées. Penser durable, c'est penser réseaux.

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