Leçons de Golfe

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Par Olivier Provost, rédacteur en chef de latribune.fr.

C'est l'endroit où il faut être en ce moment quand on appartient au monde de l'aéronautique, de l'armement et du transport aérien : Dubaï, ses chameaux... et ses avions. L'émirat a créé depuis de longues années un des salons aéronautiques qui compte le plus sur la planète. De quoi concurrencer Le Bourget ou Farnborough, près de Londres.

S'y bousculent à partir de demain tout le gotha du secteur, les frères ennemis Airbus et Boeing, les avionneurs de combat Dassault et Lockheed Martin, les fabricants de missiles, d'hélicoptères, d'avions d'affaires... Dans leur viseur, le carnet de chèques des émirs et de leurs voisins omanais, qatariens, koweïtiens et même saoudiens. Crise ou pas, baril à 140 dollars ou à 70, ils dépensent avec générosité pour doter leurs compagnies aériennes et leurs forces armées des matériels occidentaux les plus modernes en quantité non négligeable. Des quantités qui suscitent les plus grandes interrogations.

Soit ces pays prévoient une guerre mondiale dont le champ de bataille serait concentré au Moyen-Orient. Soit ils veulent surtout faire plaisir à leurs grands alliés occidentaux et à leurs firmes de défense. Il en va de même pour leurs compagnies aériennes dont les commandes d'Airbus et de Boeing laissent rêveur. Il existe là encore deux solutions : ou bien ces pays comptent enregistrer une croissance exponentielle dans les prochaines années grâce à leur position clé entre l'Europe et l'Asie, soit ils devront tôt ou tard revoir à la baisse leurs importants achats. Le seul bémol de cette stratégie offensive, c'est que pour pouvoir déployer leurs avions sur toutes les lignes du globe, il leur faudra obtenir des autorisations des différents pays.

Ces derniers laisseront-ils se développer cette menace pour leurs compagnies nationales ? Pas facilement... sauf si c'est la condition pour pouvoir vendre dans le Golfe leur matériel d'armement. Cela s'appelle une leçon de réalisme.

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