Le yuan chinois, facteur de troubles

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

On peut parler d'effet boomerang ! Lors de ses rendez-vous de Londres et de Pittsburgh, le G20, véritable tour de contrôle de l'économie de la planète, s'était engagé à réduire les "déséquilibres mondiaux". Mais, en omettant de parler des taux de change, il avait négligé? le plus gros. Depuis, les désordres monétaires apparaissent comme autant de facteurs de troubles, handicapant le rétablissement de l'économie internationale.

C'est particulièrement vrai du yuan chinois. Il y a quinze jours, le président américain Barack Obama était à Pékin pour se plaindre de sa sous-évaluation. La semaine dernière, Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, appelait de ses v?ux son "appréciation". Et dimanche, Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, en visite dans l'empire du Milieu, estimait "opportune" une réévaluation. Un tir groupé à la mesure de l'inquiétude que suscite la politique de change du gouvernement chinois.

En juillet 2008, celui-ci a brutalement mis fin à sa politique de réévaluation progressive du yuan (de plus de 20% en trois ans, tout de même) pour le ré-arrimer au dollar. Une décision justifiée, à ses yeux, par l'effondrement de ses exportations vers une Amérique en crise. Mais un diktat unilatéral qui ferme son marché aux autres pays asiatiques émergents fait replonger le Japon dans la déflation et étouffe la compétitivité de la zone euro, déjà mise à mal par la faiblesse conjuguée de la livre britannique et du dollar.

Quant à la Chine, elle est contrainte d'acheter des montagnes de billets verts pour défendre une parité fixe de plus en plus artificielle. Véritable bombe à retardement pour la stabilité du système monétaire international, ses réserves de change dépassent désormais les 2.200 milliards de dollars. Un jour ou l'autre, la Chine devra choisir entre le club du G20 et le cavalier seul.

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