Du pétrole cher au pétrole rare

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Par Olivier Provost, rédacteur en chef de latribune.fr.

Le monde vient de tourner la page d'une décennie qui, sans connaître une crise pétrolière comme par le passé, a montré que le surnom d'or noir n'était pas usurpé. Nous étions entrés dans le siècle avec un baril autour des 30 dollars. Nous passons le cap de ses dix premières années avec un prix deux fois et demi plus élevé et qui a même été presque quintuplé lors du record de l'été 2008. Et comme La Tribune l'explique aujourd'hui, les experts affirment qu'il ne faut pas s'attendre à le voir baisser dans les prochains mois, voire dans les prochaines années.

La croissance retrouvée de la Chine mais aussi une certaine spéculation poussent les tarifs à la hausse. Un survol des pays du Golfe suffit à constater que les tankers chargés à bloc attendent patiemment dans les eaux de la mer Rouge et des golfes arabiques et persiques que les prix montent encore. Suffisamment pour dégager une belle plus-value une fois payés les équipages. Nos économies se sont en tout cas habituées ces dernières années à vivre avec un pétrole cher. Ce phénomène a parallèlement alimenté l'espoir de voir la planète passer plus vite que prévu aux énergies renouvelables et non fossiles. Un espoir en partie déçu.

Prévu initialement pour les prochaines années, le fameux "peak oil", au-delà duquel les réserves mondiales risquent de baisser, ressemble ces derniers temps un peu à un mirage. Les pays pétroliers - dont les réserves réelles recèlent encore des secrets - et les majors du secteur ont sorti cette expression de leur vocabulaire. Le récent échec de Copenhague n'a fait que renforcer leur confiance : le pétrole cher, oui, le pétrole rare, pas forcément, en tout cas pas tout de suite.

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Commentaires
a écrit le 08/01/2010 à 13:48 :
Réponse à Olivier Provost :

Non, le peak oil désigne bien le maximum de production par lequel toute exploitation d'une ressource finie non renouvelable doit passer, c'est tout simplement la définition. Et sur une courbe avec production en ordonnée, temps en abscisse, cela correspond bien à un peak.

Après dire cela est un peak de consommation ou un peak de production ..., ce qui est produit est consommé, la valeur de la conso annuelle est celle de la production (les stocks sont non significatifs sur une année).

Le peak oil est une notion de flux, et non de réserves, même si c'est d'une certaine manière bien sûr lié (sur la courbe production/temps, la quantité totale consommée étant l'intégrale de la courbe), mais il y a de multiples manières de considérer les réserves (suivant la facilité ou possibilité de leurs exploitation), le fait que la production passera (ou est déjà passée) par un peak est lui par contre un "bête fait mathématique".

Certes, la crise a fait baisser la conso, d'où le fait que les Saoudiens aurait 2 ou 3 millions de barils par jour de production supplémentaire possible "sous le coude" (sur les 84 ou 85 millions de conso mondiale journalière), mais en même temps beaucoup de champs sont en déplétion (mer du Nord, Mexique, US (peak des US en 71), etc, quasi tous les pays non OPEC sont post peak)

Et il ne serait pas du tout étonnant que nous soyons déjà "post peak" au niveau mondial, un autre effet de la crise étant de limiter les investissements pour l'exploitation des ressources difficiles.
a écrit le 08/01/2010 à 5:37 :
Réponse à an691
Désolé de ne pas être d'accord avec vous mais le "peak oil" n'est pas une question de consommation. Avec la crise, la consommation a baissé ce qui n'a rien à voir avec le peak oil. C'est bien un rapport entre réserves et consommation qui est en jeu dans ce concept.
a écrit le 07/01/2010 à 22:23 :
"le fameux "peak oil", au-delà duquel les réserves mondiales risquent de baisser"

ce n'est pas la bonne définition, le "peak oil" c'est quand la production (ce qui sort de terre) baisse. Les réserves (ce qui est sous terre) baissent par définition (en ce qui concerne une ressource non renouvelable) dès que l'on puise dedans. Les réserves n'ont jamais augmenté, ce sont les connaissances que l'on en a qui ont augmenté.
La production ne va pas baisser pour des raisons de manque de réserves (il en reste la moitié), mais par les difficultés a exploiter celle qui reste (on a naturellement puisé en premier dans les champs qui sont grand, facile d'accès, de bonne qualité, ...).
a écrit le 07/01/2010 à 20:42 :
Le peak oil ne désigne pas "le moment à partir duquel les réserves risquent de baisser" (ce qui ne veut pas dire grand chose, les réserves baissant depuis l'utilisation du pétrole), mais le maximum de production/consommation (journalière mensuelle annuelle ça fait pas varier la date énormément), c'est à dire le moment après lequel, chaque année la consommation annuelle de la planète baissera.

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