Punir les banques

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(Crédits : Albert Caen)
Par Philippe Mabille, rédacteur en chef et éditorialiste à La Tribune.

Ce n'est pas sans une certaine fierté que Christine Lagarde a confirmé hier que 2.500 traders parisiens paieront 360 millions d'euros en vertu de la taxe de 50% sur les bonus 2009 copiée sur celle imposée par Gordon Brown sur les banquiers de la City. La différence, c'est qu'à Londres, le rendement de la dite taxe pourrait atteindre 5, voire 6 milliards de livres, et concernera plus de 20.000 petits Mozart de la finance, dix fois plus qu'en France.

S'il fallait une preuve que la place de Paris n'est qu'un confetti, la voilà. Même Eric Woerth fait mieux, avec ses 3.500 rapatriés fiscaux, qui ont rapporté au Trésor près de 700 millions d'euros. Dans l'opération punitive en cours contre les banquiers, la palme va revenir à Barack Obama, qui envisage une lourde taxation des établissements financiers concernés par le plan de sauvetage, afin de boucher un trou de 120 milliards de dollars. Au pays du capitalisme-roi, pas question de taxer les bonus des traders, piste trop facile à contourner. L'administration américaine étudie donc diverses modalités pour prélever à la source de l'activité financière des banques, voire sur le montant de leurs actifs, de façon à ce que, quel que soit le cas de figure, elles ne puissent échapper à la surtaxe.

Comme dans les cas britannique et français, le timing politique de l'annonce est crucial. Toutes les banques s'apprêtent en effet à distribuer des bonus records au titre de 2009, année au cours de laquelle à l'évidence les profits ont été dopés par les soutiens publics au système bancaire. A l'approche des élections intermédiaires du 2 novembre, le président américain veut satisfaire une opinion publique très virulente contre la rente dont a bénéficié Wall Street. Une man?uvre délicate, tant elle apparaît contradictoire avec l'autre urgence de l'heure, qui est d'inciter les banques à renforcer leurs fonds propres. Plus qu'une taxe sur les bonus, c'est une politique de dissuasion massive qui est affichée par les gouvernements, afin d'obtenir des banques plus de modération dans leur politique de rémunération.

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Commentaires
a écrit le 13/01/2010 à 20:27 :
700 millions de récupérés c'est toujours ça de pris comme diraient certains qui ne gagnent que 500 euros -et parfois moins- par mois. Ce n'est pas le fond du problème -soit Sarkosy et son équipe ne veut pas s'attaquer aux vraies restructurations bancaires -elles sont créés pour soutenir l'économie par nos économies, et non pour se "gonfler" uniquement en spéculant ... ou alors il ne comprend rien à rien ! c'est ce qu'il me semble. C'est lamentable de prévoir encore plus de chômeurs quand on peut faire autrement !
a écrit le 13/01/2010 à 20:18 :
On en est à racler les fonds de tiroir. Les traders ne sont pas responsables de la guerre économique qui fait rage. S'attaquer à nos propres tireurs d'élite, nous affaiblit. Veut-on dire adieu aux profits qu'ils génèrent et sur lesquels ils n'ont qu'un pourcentage? Il y a là un risque de délocalisation qui peut coûter cher dans la mesure où non content de payer ses impôts à Paris, le traders parisien consomme aussi à Paris. Les banques ne prennent pas un plaisir vicieux à surpayer leurs employés, pas plus que le BTP à peu le payer, c'est tout bêtement la loi du marché. Si les employeurs concurents s'entendent sur les prix, alors là c'est différent.
a écrit le 13/01/2010 à 7:10 :
Punir les banques ne servira à RIEN ! c'est le SYSTEME qui est malade et malheureusement irréformable (les dégats sont trop importants) ! IL FAUT CHANGER DE SYSTEME : les anglo-saxons ne le veulent pas mais ils y seront OBLIGES, qu'ils le veuillent ou non ! ON NE VA PAS CONTRE LE SENS DE L'HISTOIRE, aussi puissants soit-on ... A suivre

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