Il faut sauver le soldat Ben

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Par Muriel Motte, rédactrice en chef à La Tribune.

La pêche aux voix est ouverte à Washington pour assurer la réélection par le Sénat de Ben Bernanke à la tête de la banque centrale américaine. Barack Obama y a consacré une partie de son week-end, c'est dire si la partie n'est pas gagnée d'avance. La Chambre haute, où le Parti démocrate vient de perdre sa majorité qualifiée, n'a pas l'intention de jouer les béni-oui-oui, surtout à quelques mois des élections de mi-mandat.

Les républicains n'ont d'ailleurs pas l'apanage de la contestation. Vendredi, deux démocrates, qui affronteront les urnes en novembre, ont inquiété Wall Street en déclarant tout de go qu'ils voteraient contre la candidature de Bernanke, dont le mandat expire le 31 janvier. Se faire prier est une chose. Si le vote du Sénat n'a pas lieu cette semaine, la puissante Fed ne se transformera pas en un canard sans tête. Son vice-président, Donald Kohn, assumera le rôle suprême le temps que les sénateurs accordent leurs violons.

Il n'y a pas d'infamie à cela : en 1996, le très populaire Alan Greenspan avait dû attendre trois mois son acte de renouvellement sénatorial. Mais rejeter la candidature de Bernanke au prétexte que les électeurs pestent contre le niveau du chômage serait plus inquiétant. Celui qui a contribué à éviter la dépression à son pays se voit non seulement reprocher son laxisme monétaire d'avant-crise, mais aussi sa gestion du dossier AIG et les prétentions qu'il a pour la Fed dans le nouveau Meccano de la régulation financière. Il reste pourtant au patron de la banque centrale à normaliser sa politique monétaire - un vrai défi - tout en préservant la confiance des investisseurs. On ne change pas un capitaine dans la tempête. Or la tempête n'est pas terminée.

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