Villepin, le vertige de la liberté

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Par Sophie Gherardi, directrice adjointe de la rédaction de La Tribune.

Dominique de Villepin, vêtu de lin blanc et de probité candide, va pouvoir comme il l'a dit lors de sa relaxe dans le procès Clearstream, "servir les Français". Tant mieux. Le croche-patte judiciaire n'est pas la bonne façon de se débarrasser d'un adversaire politique. C'est ce que pourront méditer les condamnés d'hier, Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d'EADS, auteur de la dénonciation calomnieuse, Imad Lahoud, le falsificateur des listings, et Florian Bourges, l'homme qui les leur a procurés - tous vont sans doute faire appel.

C'est aussi ce que devrait se dire le plus célèbre plaignant de cette affaire, Nicolas Sarkozy, qui recevra un euro symbolique. Villepin a géré avec maestria la longue séquence judiciaire, qu'il a su transformer en tremplin politique. Son problème désormais est de savoir que faire de l'élan qu'il a pris. Où se poser, comment se positionner ? Redevenu en quelque sorte simple citoyen, il va devoir exister politiquement. Apparaître dans des émissions de prestige, donner de grandes interviews, publier des livres, prendre des initiatives...

Ségolène Royal et François Bayrou éprouvent la même difficulté, mais l'une a sa présidence de région et l'autre son siège de député et son parti. Dominique de Villepin n'a pas de base électorale, même s'il a des amis élus. Et l'espace politique disponible est assez restreint. Au centre, Bayrou veille. A droite, Sarkozy, avec Fillon, couvre pratiquement l'ensemble du champ. Même si le look, voire l'esthétique, n'y est pas, le gaullisme traditionnel parle par la voix du président dans les grands discours écrits par Henri Guaino. Fillon représente une France traditionnelle, Sarkozy une France plutôt postmoderne.

Villepin a ses thèmes d'excellence, la politique internationale, l'indépendance de la France, mais il lui manque une tribune. Seul Sarkozy pourrait lui en procurer une : un poste, une mission, une ambassade ? Dur à imaginer. Alors ?

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Commentaires
a écrit le 30/01/2010 à 11:06 :
et on repart avec l'appel du procureur pour un VILLEPIN2
On connait déjà le scénario :je suis victime d'un acharnement celui d'un homme et blabla...
a écrit le 29/01/2010 à 17:37 :
Faisons un petit calcul: 200000 adhérents UMP + 200000 PS = 1% du potentiel électoral de la France. Toutes les organisations politiques réunies représentent guère plus de 5%. Lors d'élections les français réagissent selon d'étranges critères. J'ai tenté d'expliquer cela à Mme Royal car je pense qu'elle et maintenant Mr De Villepin en ayant une plateforme, des projets, et la sincèrité pourraient vraiment gouverner ce pays comme le Général l'a fait.
Depuis trop longtemps les partis politiques et les médias sont les fossoyeurs de la France.
a écrit le 29/01/2010 à 14:39 :
de villepin fausse noblesse, de villepin premier ministre de chirac a ne jamais oublier les resultats de ces 12ans pour rien pour la france sauf pour lui ils sont tout deux coupables mais le peuple est con ils crient au changement et quand il arrive ils ont peur
a écrit le 29/01/2010 à 12:13 :
Or donc,
Villepin ne se sent plus... Après avoir éclipsé la seule question du "pour le bénéfice de qui" la tricherie a été organisée (si non à but politique), il se sent investi d'une tâche divine: sauver le pays!
Or avec lui, l'histoire va se répéter. Comme Chirac l'a fait à Giscard en 1981, Villepin le fera en 2012: diviser à droite et contribuer à faire gagner la gauche. Que vaudra-t-il mieux pour le pays: repartir pendant 5 ans avec cet amalgame "gaucho-verdâtre-coco" ou remettre les b?ufs en état de tirer le char vers le haut?
a écrit le 29/01/2010 à 9:54 :
Quelle maestria ! Réussir à faire parler de lui en "politique internationale" ou en image de la France...des contes à dormir debout. Galouzeau de Villepin se maquillait pour les caméras : il devra repasser devant le juge. Il fera les deux en même temps, il croit prendre de l'avance sur son calendrier politique.
Un style emberlificoté, une absence totale d'envergure : l'envergure c'est le courage de l'action avec la modestie du discours. Tout juste bon pour une ambassade dans une république bananière...quand je pense qu'il a été Premier Ministre de la France...
La machine Sarkozy se délectera de ses jérémiades, et prendra le pouls de ceux qui y croient...pour les deux ans qui viennent...

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