Retournerons-nous un jour sur la Lune ?

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Barack Obama met fin aux ambitions spatiales américaines, une rupture inattendue lourde de conséquences pour l'ensemble des programmes de vol habité. Le coût exorbitant de la navette et le retour sur investissement incertain de l'exploration humaine de l'espace ont prévalu sur le vieux rêve de l'humanité.

En présentant lundi au Congrès le budget fédéral pour 2011, le président Obama a mis fin aux ambitions américaines de retour sur la Lune. Cette décision marque une véritable rupture comme jamais nous n'en avons connu dans l'aventure spatiale américaine. Et cette rupture ne concerne pas que les Etats-Unis mais bien l'ensemble de la conquête spatiale, tant l'Amérique, qui concentre à elle seule 80% des investissements spatiaux dans le monde, joue dans ce domaine un rôle clé. Il est donc à craindre que cette décision gèle pour au moins dix ans toute relance d'un programme spatial d'envergure.

Après trente-cinq ans d'annonces des présidents Nixon, Reagan et Bush père, non suivies d'effet, George W. Bush avait pourtant réussi en 2004 à faire reprendre le chemin de la Lune aux Américains. La stratégie était claire : le nouveau programme dénommé Constellation serait financé par les crédits libérés par l'arrêt de la navette en 2010 et celui de la Station spatiale internationale (ISS) en 2016 mais qui vient d'être prolongée jusqu'en 2020.

A la demande d'Obama, Constellation était soumis à l'examen d'une commission au cours de l'été 2009 qui concluait tout d'abord que Mars n'était pas un objectif raisonnable pour le moment et que, compte tenu des difficultés techniques rencontrées par Constellation et d'un budget insuffisant, ce programme ne pourrait permettre le retour sur la Lune en 2020 comme prévu.

La raison essentielle de ce retour de l'homme vers la Terre tient au fait que l'exploration humaine de l'espace est de loin, parmi toutes les applications spatiales, celle qui engage les crédits les plus élevés. Selon les années, de 30% à 50% du budget de la Nasa (17,3 milliards de dollars en 2008) sont dédiés à cette activité qui, en outre, souffre d'un handicap : c'est un investissement important qui n'a pas de retour financier immédiat sinon scientifique à long terme. Elle ne présente pas, non plus, d'enjeux commerciaux ni d'intérêts stratégiques majeurs ou vitaux comme l'espace au service de la Terre ou l'espace militaire.

Rappelons que trois programmes importants de présence humaine dans l'espace ont été conduits par les Etats-Unis depuis le début de l'ère spatiale : Apollo, le Space Shuttle (la navette) et l'ISS. Les financements de ces programmes s'étalent respectivement sur quatorze ans pour Apollo, 42 pour la navette et 35 pour l'ISS. En dollars 2008, ces trois programmes auront respectivement coûté 165, 185 et 115 milliards de dollars. Le coût de Constellation était estimé en 2004 à 104 milliards de dollars, montant jugé insuffisant.

Par ailleurs, le coût des vols de navette interpelle. Son but était de lancer à des coûts inférieurs à ceux des lanceurs classiques comme Ariane. Rappelons que le coût objectif de lancement annoncé par la Nasa en 1972 était de 10,5 millions de dollars, soit 40 millions de dollars d'aujourd'hui. Force est donc de constater qu'un vol de navette coûte en réalité... 1.100 millions de dollars. Vingt-sept fois plus que prévu ! Le bilan de la navette américaine est donc loin d'être positif tant en matière de coût que de sécurité avec les drames qu'elle a engendrés. Quatorze astronautes ont perdu la vie avec Challenger en 1986 et Columbia en 2003. A tel point que pour Constellation, la Nasa est revenue aux lanceurs classiques.

C'est la première fois que la conquête de l'espace qui nous avait habitués à aller de l'avant fait un tel retour en arrière ! Autre raison : les Etats-Unis sont engagés dans une réforme profonde de leur système de santé qui va mobiliser des crédits importants. En outre, de nouvelles priorités terriennes se font jour : aspects sociaux, lutte contre le réchauffement climatique, environnement et énergie. Alors que la crise sévit encore, les Etats-Unis n'ont plus les moyens de mener seuls des projets spatiaux d'envergure.

L'objectif spatial d'Obama semble être désormais de continuer à tourner autour de la Terre comme nous le faisons depuis plus de quarante ans en incitant l'industrie privée à investir dans les activités liées à la station internationale qui, rappelons-le, est condamnée à disparaître dans moins de dix ans. Encore faut-il que le retour sur investissement, s'il existe, ne soit pas trop lointain. Quant aux autres pays, la situation n'est pas plus encourageante. La Russie, l'Europe, l'Inde et le Japon n'ont pas les moyens de s'engager seuls dans l'aventure lunaire et encore moins martienne. Peut-être la Chine ? Néanmoins, la crise aura peut-être une vertu, celle d'inciter les puissances spatiales à réunir leurs forces pour réaliser ce vieux rêve de l'humanité. Car l'aspiration de l'homme à explorer l'espace demeure.

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a écrit le 08/02/2010 à 6:43 :
Désormais les Américains ne pourront plus dire «I have a dream». Le budget US pour l'espace n'a pas réorienté vers des lanceurs performants les ressources supprimées par l'abandon des vols humains vers la lune, et il supprime les capsules et lanceurs Ares5 prévus pour les vols lointains. C'est l'évanouissement du rêve de vols vers Mars pour une génération.
Une génération perdue d'Américains à laquelle les politiques ne proposent plus que la recherche du profit à court terme, et le cauchemar d'un bond de l'humanité vers la loi du plus fort sur les marchés et vers le «après nous le déluge». En effet quel autre projet que le débarquement de l'homme sur la planète Mars aurait pu donner aux Américains un objectif à long terme plus galvaniseur?
Pourtant la possibilité de financement existe, puisque par exemple le prochain budget militaire US prévoit rien de moins que 10,7 milliards de dollars pour la R et D et la production de 42 F35. Les productions prévues de F35 (2500) sont complètement surdimensionnées par rapport au nombre d'avions modernes que pourra mettre en ligne un éventuel adversaire dans les prochaines années. Une réduction de moitié aurait pu payer un programme de vols humains vers Mars comme celui d'Apollo pour la Lune. Ces vols vers les mondes proches auraient boosté la recherche, bien mieux que la multiplication de F35. Et cela aurait procuré un idéal pour la société et les individus, plus satisfaisant et durable q'?une supériorité numérique écrasante en cas de combat aérien.
Mais les financiers et leurs exactions ont abattu l'idéal pionnier des Américains. Ils noyautent l'administration Obama et celles des 50 états US. Et leur politique du court terme continue à ruiner les aspirations et idéaux de progrès qui ont été le moteur des grands bonds en avant de l'humanité.
a écrit le 04/02/2010 à 8:31 :
à Fremen : j'ai les connaissances et l'appréciation voulues pour porter ce jugement et je n'insulte nullement cet astrophysicien. Je le traite comme il le mérite car venant de quelqu'un qui est sensé connaître le sujet, il est encore plus intolérable de proférer des inepties pareilles. Mais je vois qu'il fait des émules. Quand il sera trop tard, vous aurez beau pleurer, mais vous ne serez certainement du voyage (qui restera du domaine de l'irréel de toute façon). Mais s'il vous est plus supportable de croire à cela, croyez-le mais le répandez pas de fausses idées. Suffisamment de gens le font. Quant au fait que l'astrophysicien soit français, j'adore la France et beaucoup de Français, le Nord, les Ardennes, la Champagne, la Bourgogne, Lyon. Donc, ce n'est pas le fait qu'il soit Français qui me le rend criticable, mais je tiens à citer cette précision car certains le reconnaîtront peut-être s'ils ont vu l'émission. Cette phrase qui y a été proférée peut paraître anodine à certains mais elle veut pourtant dire : il est inutile de faire des efforts pour limiter la casse, on peut continuer à tout détruire et à tout polluer puisqu'on pourra quand même partir ! Cà, c'est vraiment encourager la Chine, notamment à ne faire aucun effort déjà que les Etats-Unis font très peu !
a écrit le 02/02/2010 à 15:08 :
à tecolote : Il n'est pas bien d'insulter les gens comme vous le faites. Vous n'avez surement pas les compétences de cet astrophysicien pour porter des jugements à l'emporte-pièce. Il n'est pas exclu qu'un jour le salut vienne de l'espace, même si pour le moment il est bon de nous occuper de notre bonne vieille terre. J'ai bien noté qu'en plus de tous ses défauts, l'astrophysicien incriminé était "Français", cela rajoute surement dans votre esprit à l'ignominie. N'est pas ignoble qui croit.
a écrit le 02/02/2010 à 9:10 :
en 1969, j'étais tout enthousiaste et je n'ai jamais oublié cette nuit du 20 au 21 juillet. Mais maintenant, avec toutes les nouvelles priorités, il serait injurieux et totalement irréaliste de consacrer des budgets pharamineux à ce genre d'activité. Il est bon parfois de redescendre sur Terre et de se préoccuper de cette Terre et non pas de dire des conneries comme cet astrophysicien (?) français (!!!) qui déclarait que quand on aura tout foutu en l'air ici, en 2025, on pourra quand même quitter la Terre. Comment peut-on être aussi con ? Quoi, 500, 800 personnes peut-être qui partiraient et qui seraient encore capables, si c'était réalisable ce départ, de tout foutre en l'air là-bas comme on a déjà si bien réussi (à foutre en l'air) ici !!! Préoccupons-nous des problèmes d'ici avant que tout ne nous retombe dessus ! Un peu de (vrai) réalisme (pas un de cinéma), bon sang !!!
a écrit le 02/02/2010 à 7:54 :
Une crise, quelques paroles, un grand pas en arrière pour l'humanité.
a écrit le 02/02/2010 à 7:41 :
l'illusion entretenu par Obama est de laisser croire que le privé va se substituer à la NASA à fond perdu car il n'y aura pas de retour sur investissement viable sans l'aide de l'état
le rêve est terminé ,on revient sur notre bonne vieille terre
quant aux chinois attendons qu'ils nous fassent rêver au frais des contribuables

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