L'écolosarkozysme ne paie pas

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Par Sophie Gherardi, directrice adjointe de la rédaction de La Tribune.

L'efficacité écologique de la taxe carbone reste un sujet de débat. Pour ce qui est de son efficacité électorale, en revanche, le débat est tranché : zéro avantage pour le camp présidentiel. Le premier tour des régionales l'a montré, les listes Europe Ecologie se sont consolidées dans le paysage, mais ne menacent plus le leadership socialiste comme lors des européennes de 2009. Et l'accord s'est fait à gauche, sans anicroche majeure, pour le second tour. Normal, l'électorat Europe Ecologie se rattache à la gauche à 74%, à 80% si on y ajoute le Modem, selon "L'état de l'opinion 2010" (TNS Sofres-Le Seuil).

Il y a bien peu de voix écologistes à grappiller pour la majorité, sauf peut-être ici ou là, comme à Paris pour Chantal Jouanno. Mais qu'en est-il des choix "verts" du gouvernement dans l'électorat de droite ? La taxe carbone est citée parmi les principaux sujets de mécontentement et aura contribué à nourrir l'abstention et même le vote FN. Le constat est amer pour Nicolas Sarkozy qui a placé la première moitié de son quinquennat sous le signe de l'environnement, avec les lois Grenelle et la taxe carbone. L'audace consistant à partir seul dans une fiscalité écologique, sans crainte de contredire les odes à la France industrielle, n'a pas payé.

L'échec de la conférence de Copenhague, qui a réveillé les "climato-sceptiques", et la censure par le Conseil constitutionnel de la "contribution climat énergie" sont venus ternir ce que cette politique avait de moderne, voire de visionnaire. Pas sûr que le coup de frein donné in extremis sur la taxe carbone suffise à calmer la grogne "anti-Grenelle" à droite. Le pari écologique de Nicolas Sarkozy est-il définitivement perdu ? Oui, pour ce qui est des régionales. Dans la perspective d'un second tour d'élection présidentielle, pas forcément. Les coalitions régionales rose-rouge-vert risquent de buter sur des désaccords de fond sur les choix industriels ou la fiscalité verte, que Sarkozy peut espérer exploiter en 2012.

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Commentaires
a écrit le 19/03/2010 à 9:32 :
Bonne observation. Le constat d'ensemble est amer: il montre que l'électorat de droite reste réfractaire à l'écologie, en raison peut-être de son attachement préférentiel aux performances économiques d'un côté et aux modes de vies traditionnels de l'autre. ceci a pour effet mécanique de repousser l'écologie à gauche sur le plan électoral, nonobstant la position - d'ailleurs intéressante - d'une Corine Lepage désireuse de la ramener au centre. Il se peut en tous cas que l' "expérience" Jean-Louis Borloo tourne court et que la boutade suivante redevienne d'actualité:
- C'est quoi, un écologiste de droite ?
- un chasseur...
a écrit le 19/03/2010 à 7:57 :
Ecologiste : de gauche ou de droite ? Il y a là une erreur fondamentale des dirigeants écolo. L'écologie n'est ni de droite ni de gauche. Elle est un fait de société. Elle pourrait de fait constituer la troisième voie, les Français ayant marre de cette alternative droite/gauche qui voudrait les faire marcher au pas. L'idée de base de François Bayrou était excellente, même s'il en a bousillé la réalisation en ne dominant pas le sujet. Dommage de voir cette idée sombrer corps et biens. Les écolo, en estompant leurs couleurs et en prenant leurs distances pourraient y trouver la clé de leur avenir. Il faudrait déjà qu'ils ne se déclarent plus de gauche ce qui les transforme en caricature ou en valets du PS.

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