Loi LME : le revers de la médaille

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Certaines prises de conscience sont amères. En 2008, la grande distribution avait ferraillé durement pour que soit adoptée la loi de modernisation de l'économie (LME). Elle n'y voyait alors que des avantages : une plus grande souplesse des règles d'urbanisme commercial et un rééquilibrage de ses relations avec ses grands fournisseurs. Et, sur ces deux points, la loi LME a tenu ses promesses.

Les projets de grandes surfaces ont recommencé à fleurir et les enseignes ont retrouvé le droit de négocier les tarifs de leurs fournisseurs. C'était tout bénéfice, en quelque sorte. En octobre 2009, les distributeurs avaient découvert que la LME pouvait aussi se retourner contre eux, lorsque neuf d'entre eux (Auchan, Carrefour, Casino, Cora, Intermarché, Leclerc, Système U...) ont été assignés en justice par Bercy pour pratiques abusives. Aiguillonné par des parlementaires en colère, Hervé Novelli, le secrétaire d'Etat au Commerce, leur reprochait d'imposer par contrat des pénalités exorbitantes ou des délais de paiement déséquilibrés.

Aujourd'hui, les distributeurs ont une autre déconvenue. A l'heure des comptes, Auchan a fait les siens. Et, dans un exercice inhabituel de transparence, a publié mercredi ce que lui coûte la fameuse loi LME. Le groupe nordiste estime que la réduction des délais de paiement a dégradé sa trésorerie de 300 millions d'euros en 2009 et que sa taxe sur les surfaces commerciales s'est alourdie de 9 millions. La médaille avait son revers.

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Commentaires
a écrit le 15/04/2010 à 6:02 :
http://anti.grande.surfaces.over-blog.com/

Et les enseignes ont demandées aux fournisseurs 0.6% de "manque à gagner en trésorie" depuis l'application de la Loi LME.

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