Locomotive allemande

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Pas question, bien sûr, de faire la fine bouche. Les bonnes nouvelles doivent s'apprécier comme telles. Les résultats des groupes français au premier semestre témoignent d'une reprise de la consommation. Modeste, mais tout de même : de Carrefour à la SNCF, les chiffres sont en amélioration dans l'Hexagone. De quoi réjouir industriels et commerçants bien sûr, et plus encore un gouvernement qui reste l'oeil rivé sur la conjoncture.

Mais chacun sait que cette reprise est trop fragile et trop timide pour constituer le socle durable dont l'économie française a besoin. La vraie bonne nouvelle de ces derniers jours vient d'outre-Rhin. Après une décennie d'austérité salariale, d'autant plus efficace qu'elle reposait sur un consensus entre industriels, politiques et syndicats, Berlin semble décidé à y mettre fin. Les représentants des salariés regimbent, la chancelière Angela Merkel leur emboîte le pas.

Ce revirement, s'il se traduit dans les faits, devrait relancer la consommation en Allemagne et tempérer cette forme de "dumping social" que dénonçait Christine Lagarde au printemps. Une vraie bouffée d'oxygène pour les partenaires commerciaux de Berlin, en particulier pour ceux de la zone euro qui ne pouvaient dévaluer leur monnaie pour conserver leurs parts de marché.

Cela devrait conforter l'évolution rassurante constatée au deuxième trimestre, cette année, qui a vu les exportations des pays membres de la zone euro vers l'Allemagne croître plus vite que celles effectuant le chemin inverse. Ce rééquilibrage tomberait d'autant plus à pic que le consommateur américain semble, lui, décidé à se mettre durablement à la diète. Outre-Atlantique, la croissance s'annonce molle pour plusieurs années. L'Europe a donc plus que jamais besoin de la locomotive allemande.

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