L'autre "spread" des marchés

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Par Pascale Besses-Boumard, rédactrice en chef à La Tribune.

Qui a dit que, avec l'avènement de l'euro, les marchés allaient connaître une vaste globalisation, une saine convergence ? Les écarts de taux connus ces derniers temps par les Etats "fragiles" de la zone euro avaient déjà commencé à faire mentir ces doctes devins. Et de fait, entre le rendement à 10 ans de l'Allemagne (2,75%) et celui de l'Irlande (9,25%), on est enclin à se demander si ces deux pays naviguent vraiment dans les mêmes eaux...

Plus incroyable encore est le spread (écart de performance) entre les différents indices boursiers de cette même zone. Qu'on en juge : entre la hausse de 12,5% de la place de Francfort depuis le début de l'année et le recul de 22% de celle de Madrid, ce fameux écart atteint... 34% ! Le spread entre les Bourses française et allemande n'est guère plus resserré puisqu'il atteint 20%. Du jamais-vu depuis la création de la monnaie unique. Chaque pays vit, certes actuellement, à l'heure de ses propres difficultés financières et budgétaires et paye différemment ses excès passés. L'Espagne, par exemple, n'a pas géré de la même manière la bulle immobilière que l'Allemagne ou la France. Et les répercussions sur les entreprises cotées sont tout aussi flagrantes que sur l'état des finances publiques de chacun. Avec une inflation du coût du crédit également dévastatrice pour ces acteurs qui, hier encore, faisaient les beaux jours des indices européens.

Quelle difficile équation pour les gérants internationaux ! Eux qui pensaient pouvoir se concentrer sur des thématiques sectorielles, les voilà à nouveaux contraints de penser en termes géographiques. Eux qui pensaient qu'une possible convergence des indices allait atténuer la notion de risque, la voilà qui explose comme elle ne l'a jamais fait. Rebattant les cartes de toutes les stratégies d'investissement actions ou obligataires. Et pour un bon moment si l'on en croit certains. C'est à y perdre son latin. Euh ! pardon, sa zone euro.

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