Les jeunes de la planète chômage

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Dans un inhabituel mais salutaire mea culpa, Nicolas Sarkozy a reconnu lundi que la France n'avait pas pris ces dernières semaines la juste mesure de la désespérance, de la souffrance et de ce sentiment d'étouffement de la jeunesse tunisienne qui a conduit au renversement du président Ben Ali. On connaît les raisons de cette désespérance. Il s'agit du chômage des jeunes diplômés. De 30 à 35% de ceux-ci, selon des statistiques officieuses citées par le magazine Jeune Afrique, seraient sans emploi. Et auraient peu de chances d'en trouver un, surtout correspondant à leur niveau d'éducation.

Mais ce qui frappe le plus, c'est que la Tunisie est loin d'être un cas isolé, comme le montrent les chiffres 2010 publiés par le Bureau international du travail, le BIT. Dans tous les pays étudiés, qu'ils soient développés ou émergents, les jeunes sont laissés pour compte. Sur les 205 millions de chômeurs recensés par le BIT dans le monde, près de 40% sont des jeunes de 15 à 24 ans. Et, encore, ce pourcentage est-il sous-estimé. L'organisation internationale souligne en effet que les effets catastrophiques de la crise ont conduit nombre de jeunes à ne plus chercher d'emploi. Et, donc, à échapper aux statistiques. Moyen-Orient et Maghreb figurent bien sûr parmi les régions les plus touchées.

Mais l'Asie, du Sud comme de l'Est, est loin d'être épargnée. Tout comme l'Union européenne, où l'augmentation massive du chômage des jeunes a fait apparaître un découragement largement répandu. Le BIT parle d'un coût humain exorbitant, tant en termes de revenus que d'employabilité tout au long de la vie. Bref, quels que soient le continent et le modèle de développement, la planète ne semble offrir aux jeunes générations que désenchantement, déclassement ou sacrifice. Cela ne laisse pas d'être inquiétant. 

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Commentaires
a écrit le 25/01/2011 à 23:55 :
On ne peut pas promouvoir un modèle de vie basé sur la gratuité de l'échange des informations, des créations intellectuelles et prétendre à un salaire pour un travail dans le tertiaire.
Cela n'est pas la cause principale de cette situation mais cette contradiction conforte le cercle de rapaces qui bâtit sa fortune sur l'exploitation des chimères d'un Lumpen Prolétariat renaissant.

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