Le combat des femmes contre Walmart

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Par Valérie Segond, journaliste à La Tribune.

Voilà une affaire judiciaire américaine "Dukes versus Walmart" qui, pour être lointaine, doit pourtant être regardée de très près. D'abord, parce qu'il s'agit d'un formidable combat lancé en 2001 par six employées du géant de la distribution en Californie contre le premier employeur du pays connu pour ses pratiques sociales d'un autre âge. Il porte en outre sur un sujet qui, depuis les grèves des employées de Ford en Angleterre en 1968, et les nombreuses lois votées pour y remédier, n'a toujours pas été résolu : l'inégalité des salaires et des carrières entre les hommes et les femmes malgré la même éducation reçue.

La question est aujourd'hui de savoir si la Cour suprême des Etats-Unis accordera aux plaignantes le droit de lancer une action collective pour le compte des 1,6 million de femmes qui ont été employées par Walmart depuis 1998. Ce serait alors la plus grande "class action" jamais intentée contre un employeur privé. Si elles obtenaient gain de cause, Walmart pourrait, à l'issue d'un procès, avoir à verser des milliards de dollars de dommages. De quoi ouvrir tout grand la porte à des actions en justice d'employées à l'encontre de leur employeur, expliquant le frisson d'angoisse qui traverse aujourd'hui "Corporate America". Toutes les relations sociales au sein des groupes américains s'en trouveraient modifiées.

Mais il n'est pas acquis que la Cour suprême américaine accorde aux employées d'hier et d'aujourd'hui de Walmart le droit de se constituer en "classe". Car il faudrait que toutes les femmes qui ont travaillé chez le distributeur aient subi les mêmes discriminations, et se trouvent dans une situation identique appréciée au cas par cas. Or, s'il ressort de jugements précédents qu'il y a bien eu des critères machistes de gestion des ressources humaines, certaines femmes ont aussi occupé des responsabilités. Le combat des femmes pour l'égalité des salaires, pour être fondé dans tous les pays développés, reste bien difficile à mener. 

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