Quatre ans, déjà !

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Par Philippe Mabille, rédacteur en chef à La Tribune.

On ne se fait pas réélire sur un bilan, Nicolas Sarkozy le sait mieux que personne, lui qui a payé cher, en 1995, la déroute d'Edouard Balladur. C'est fort de cette expérience qu'en 2007, le candidat Sarkozy a construit sa victoire sur l'idée de rupture, nourrissant l'espoir d'un vrai changement dans l'électorat populaire. Quatre ans plus tard, l'inversion des courbes de popularité du président sortant et du Front national donne la mesure de l'immense déception des Français.

Le document "Quatre ans d'action", distribué vendredi par l'Elysée, tente de briser cette spirale négative et de montrer que la France des années Sarkozy a, "malgré la crise", plus changé qu'au cours des années précédentes. Pour rassurer le député UMP de base qui a le "trouillomètre à zéro" depuis qu'une certaine Marine semble en mesure de dépasser son champion au premier tour de la présidentielle, le Château affirme que "la confiance revient", que le chômage est "stabilisé", tout comme l'immigration, tandis que l'insécurité a baissé comme jamais.

Le discours serait plus convaincant, si n'apparaissaient pas, à la lecture de cette plaquette, des formules qui montrent que le travail est loin d'être achevé. Les deux priorités affichées dans le "bilan 2007-2011" parlent en effet autant du passé que de l'avenir ! L'action du président vise à "Protéger les Français", contre toutes les menaces (le chômage, l'insécurité, l'immigration) et à "Bâtir une France plus juste" (d'où l'autojustification de la mort du bouclier fiscal). Ne pouvant se représenter en rupture avec lui-même, le candidat Sarkozy est obligé d'inventer un nouveau discours, plus rassembleur, pour convaincre les Français de lui confier le pouvoir pour cinq ans de plus.

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