Paris : des bureaux vides aux logements pleins

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Par Valérie Segond, journaliste à La Tribune.

Dans un pays où la politique du logement s'est contentée de solvabiliser la demande sans augmenter l'offre au rythme des besoins - ce qui a contribué à faire grimper les prix -, il est grand temps de changer de perspective. Car cette politique, qui a surtout servi les propriétaires et les agents immobiliers, a fini par étrangler les primo-accédants. En particulier dans la capitale, où depuis cinquante ans, plus de 1 million de mètres carrés de logements ont été transformés en bureaux, sous l'oeil longtemps bienveillant de la Ville qui préférait les rentrées de la taxe professionnelle aux exigences capricieuses de ses habitants. Au point que toute l'économie immobilière, des investisseurs institutionnels aux grands courtiers en passant par les foncières, a abandonné l'immobilier résidentiel depuis le milieu des années 1990 pour se structurer autour de l'immobilier d'entreprises. Alors que les bureaux vacants, parmi les projets proposés à la commercialisation sous un an, atteignent aujourd'hui plus de 1 million de mètres carrés dans Paris intra-muros, selon Immogroup Consulting, le moment est venu de convertir une bonne partie de ces bureaux vides en logements occupés. D'autant que l'écart de prix entre logements et bureaux est tel que le bénéfice de la conversion est aujourd'hui très supérieur à son coût (entre 3.000 et 4.000 euros par mètre carré), rendant l'opération fort intéressante malgré la faiblesse des rendements de l'immobilier résidentiel. Encore faudrait-il mettre en place une vraie politique d'incitation, notamment pour compenser l'obligation de créer 25 % de logements sociaux dans les programmes neufs, obligation qui décourage nombre de promoteurs. Et contrôler plus strictement l'utilisation du foncier, en attribuant les droits à construire prioritairement à l'immobilier résidentiel. En s'inspirant de la proposition de loi du député PS Christophe Caresche, la Ville de Paris devrait saisir cette occasion historique pour bâtir une vraie politique du logement qui, enfin, se concentre sur l'offre.

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